
Rencontre avec… Jérôme Attal, auteur de « Pagaille Monstre »
C’est dans le 6ème arrondissement de Paris, un soir de février, que je rejoins Jérôme Attal et Stéphane Million, son éditeur.
Le dernier livre de Jérôme, « Pagaille Monstre » sort le lendemain en librairie et l’ayant lu en avant-première, je voulais rencontrer l’ovni artistique qui en était à l’origine.
Ovni artistique car multi-tâches: Jérôme Attal est certes écrivain (entre autres « Le garçon qui dessinait des soleils noirs », « Journal fictif d’Andy Warhol »), mais également scénariste, acteur, auteur-compositeur-interprète et il tient aussi un journal en ligne depuis 1998.
J’ai quand même demandé mais la peinture, non il n’en fait pas, bien qu’elle le touche tout particulièrement. Ouf, il ne sait donc pas TOUT faire.
Jérôme c’est LA force tranquille.
Sur cette terrasse où il fait clairement frisquet, dans son manteau bleu où trône un badge à l’effigie de Jean-René Huguenin, il m’explique calmement que non, il n’a pas la pression pour le lendemain. Et le pire c’est que c’est vrai. Serein, calme, content de « Pagaille Monstre », du défi relevé, de la concrétisation de l’objet, de la couverture flashy d’Erwan Denis, de l’avoir fait avec Stéphane Million…
« Pagaille Monstre » est un livre dont vous êtes le héros, mais là où nous avons tous l’habitude de voir ce genre autour d’histoire d’heroic fantasy ou en tout cas plutôt jeunesse ou adolescentes, Jérôme Attal a voulu en faire un roman dont vous êtes le héros, c’est-à-dire intégrer une dimension vraiment littéraire à un concept à la base plutôt ludique.
Au lieu de dragon et de princesse, les choix à faire ici pour suivre tel ou tel fil sont des choix amoureux. Rappeler son ex, partir en soirée avec une fille croisée 10 min auparavant, faire des choix de vie comme ceux que nous sommes tous amenés à faire, voici ce que propose « Pagaille Monstre ».
Un objet ludique donc, je raconte à Jérôme que je me suis revue ado en lisant ce livre dans le métro et que les gens ont vraiment dû me prendre pour une folle à me voir lire 3 pages puis feuilleter le livre pour trouver ma suite.
Il sourit et me dit que c’est exactement ce qu’il voulait: offrir un moment de lecture différent de tous les autres tout en proposant une qualité littéraire que l’on a déjà pu rencontrer dans « Le garçon qui dessinait des soleils noirs » par exemple. Car effectivement, « Pagaille Monstre » est le premier roman de cet acabit, le premier livre vraiment littéraire utilisant les ficelles des choix multiples et c’est ce défi que s’était lancé Jérôme, qui l’a d’ailleurs écrit en 3 mois.

Mais en fait, comment écrit-on un tel livre? Jérôme m’explique qu’exalté par le projet, il s’est lancé tête baissée dans l’écriture mais que, très vite, il a dû recadrer les choses, faire des plans afin de construire des « fils » qui tiennent la route.
Car si le côté ludico-littéraire est clairement l’objectif affiché, « Pagaille Monstre » met en avant d’autres points plus profonds. Il offre une chose qu’on ne peut pas faire dans la vraie vie ou plus difficilement: revenir en arrière pour changer de chemin. Mais il nous fait également prendre conscience que l’on a pas toujours le choix et que finalement, dans une histoire d’amour, certaines directions sont imposées, inconsciemment ou consciemment et que c’est aussi ce qui en fait le sens.
21h, même si nous avons atteint un niveau de réfrigération avancé, Jérôme me parle du reste: ses projets parallèles, comme les chansons qu’il continue d’écrire, pour les autres ou pour lui (« Pagaille Monstre » sera accompagné d’une chanson, écrite et composée spécialement pour le livre, ainsi qu’il l’a fait pour ses livres précédents) , puis déjà, l’idée de faire un tome 2 à « Pagaille Monstre », du point de vue d’une fille par exemple, et enfin d’autres projets plus grands encore, mêlant écriture et cinéma mais chuuuut, nous en parlerons en temps et en heure…
Jérôme avance, sait où il va et on sent, en ne passant même que quelques instants avec lui, la sérénité mêlée à la concentration et à la passion de ses différents projets artistiques.
Côté promo, Stéphane et Jérôme ont déja prévu quelques signatures, des radios, en espérant que le succès du livre et le bouche-à-oreille leur permettront de communiquer encore plus largement.
La température de mon corps est descendue a 35°C, il est temps pour chacun de retrouver une vie normale, une vie où on ne se met pas en terrasse un 3 février à Paris.
C’est dingue comme chaque rencontre est différente, je rentrerai de celle-ci charmée, calmée (je pointe du doigt la sérénité communicative de Jérôme mais je pense que le froid n’y est pas non plus pour rien!) et avec une envie, du coup, d’aller creuser les autres facettes artistiques de Jérôme Attal.
J’ai entre autres 12 ans de journal intime à lire ;)
Merci à Jérôme et Stéphane pour leur temps et leur gentillesse et j’espère avoir l’occasion de vous reparler des autres projets de Jérôme!
Pour en savoir plus:
- Le site de Jérôme Attal
- Le blog de « Pagaille Monstre »
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« Pagaille Monstre », Jérôme Attal
Paru le 4 Février 2010 chez Stéphane Million Editeur
Rencontre avec… Arnaud Le Guilcher, auteur de « En moins bien »
Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas.
Vendredi soir, c’est dans le 18ème que je rejoint Arnaud Le Guilcher, auteur du « En moins bien » dont je vous ai vanté les mérites il y a peu, et Stéphane Million, son éditeur, autour d’un verre, le singulier étant bien sûr illusoire. Le consortium des mecs à barbe en fait.
« En moins bien » est le premier roman d’Arnaud et si j’avais noté un style parlé, enlevé et plutôt « fleuri » dans mon article, force est de constater qu’Arnaud n’écrit pas comme il parle. Plus doux tu meurs. Enfin d’apparence certainement, je n’oserai me prononcer sur le reste ;)
Arnaud m’explique donc que certains passages du livre, dont celui sur les pingouins, datent de 1999 et sont issus de bouts de papiers sur lesquels le Arnaud d’alors gribouillait férocement des tirades, des dialogues, des bouts de textes. Ces bouts de papier sont aujourd’hui bien planqués dans une boîte, LA boîte comme il la nomme, qui ne renfermerait donc selon lui que du « 100% pourri ».
Oui parce qu’Arnaud, à la base, n’est pas écrivain mais musicien et travaille d’ailleurs chez Universal Music.
Il s’est longtemps essayé à l’écriture de chansons, accompagné pour leur enregistrement de quelques amis compatissants sensés distraire (avec leurs accords et instruments originaux) des paroles « 100% pourries » de son propre texte. Peine perdue, même si l’une de ces chansons « fonctionnera » d’un point de vu personnel, le reste restera au point mort.

« En moins bien » a vu le jour il y a à peu près 2 ans donc, en tout cas la trame principale, à la suite d’une rupture sentimentale, l’histoire du héros et d’Emma se calquant à peu près sur celle d’Arnaud.
Celui-ci envoie son manuscrit à quelques maisons d’éditions, lesquelles ont toutes refusé le roman via des lettres types plus ou moins agréables, la palme revenant à Maud Béranger au Dilettante pour la lettre la plus désagréable et insultante de l’année.
Arnaud l’a d’ailleurs tellement lue et relue qu’il me la récite par cœur entre deux clopes et je devine effectivement l’impact qu’elle a du avoir au moment de sa réception.
Arnaud enterre donc plus ou moins son manuscrit en se disant que celui-là aussi doit faire partie du « 100% pourri ». C’était sans compter Yves Simon, qui ayant eu le manuscrit entre les mains et l’ayant adoré, décide d’envoyer le manuscrit à Stéphane Million.
Stéphane reçoit « En moins bien » en novembre 2007, n’ouvre l’enveloppe qu’en mars 2008 et appelle Arnaud dès le lendemain, sous le charme du manuscrit. A ce moment-là Stéphane est en pleine période de transition de distributeur et estime que le roman d’Arnaud mérite la meilleure diffusion possible. Il lui propose donc de faire passer son livre à des éditeurs « plus gros » pour lui assurer le succès qu’il mérite, n’étant pas lui même dans la capacité de le faire.
Mais le sort en a décidé autrement puisqu’au moment où Arnaud accepte, Stéphane trouve un distributeur et a donc la possibilité de publier et diffuser « En moins bien ».
Une fois le projet lancé, Arnaud se sent pousser des ailes et, en vacances, les cheveux dans le vent, va pondre un paquet énorme de réécritures et corrections. Quasiment toutes refusées, « 100% pourries », de l’avis des deux, qui s’en marrent encore comme des baleines.
C’est donc un roman presque pas retouché qui est publié début octobre, et qui sera lu et salué publiquement par des gens aussi différents que Sébastien Chabal (le consortium des mecs à barbe, toujours) ou Renan Luce (et moi-même d’ailleurs).
Une chouette histoire que la publication de ce livre qui aura également eu une conséquence majeure puisque la relation qui lit Arnaud et Stéphane va aujourd’hui plus loin qu’une relation auteur/éditeur, l’un n’envisageant pas de publier un nouveau titre sans l’autre. Opération qui sera donc renouvelée dans peu de temps puisqu’Arnaud est actuellement dans un 2ème manuscrit que j’espère aussi bien que le premier, sans en être trop inquiète. Je les soupçonne même d’avoir le même barbier, m’enfin…
La prochaine étape sera peut-être juste d’incinérer LA boîte du « 100% pourri » pour conjurer le sort ;).
Une belle rencontre encore une fois, c’est toujours foutrement agréable de passer un moment avec des gens talentueux, qui aiment ce qu’ils font et qui, en plus, ont un contact des plus sympathiques.
Et je ne dis pas ça parce qu’ils m’ont payé tous mes verres hein.
Literary Death Match – Ep.1 à Paris
Entre deux chroniques, deux rencontres ou deux livres, il m’arrive aussi de fréquenter ce milieu de l’édition si souvent décrié lors de soirées confidentielles ou manifestations mémorables.
La soirée de mercredi n’appartient à aucune de ces deux catégories, et pour cause.
Mercredi soir donc avait lieu dans mon 11ème arrondissement adoré le premier épisode français (et parisien) du Literary Death Match, ou combat à mort littéraire en français dans le texte.
Manifestation organisée par le fondateur d’Opium Magazine, Todd Zuniga, le LDM a déja une quarantaine d’opus à son actif aux Etats-Unis mais également en Chine et à Londres.
Ce premier épisode, relayé par Kevin Dolgin, promettait donc, comme les autres, un combat entre 4 auteurs, par rounds de 2, l’épreuve consistant à faire une lecture de 8 minutes d’un texte de leur choix et d’être ensuite jugés et « départagés » par un jury de 3 personnes.
Pour cet opus, les 4 auteurs prêts à en découdre n’étaient pas moins que Philippe Jaenada, Frédéric Beigbeder, Max Monnehay et Mohammed Razane.
Le jury lui, était composé de David Foenkinos, Yorgos Archimondritis (critique et journaliste) et Bo (musicien). Une belle affiche? Une belle affiche.
Mais ne nous leurrons pas, ce que je préfère dans ces soirées moi, c’est retrouver des gens, en rencontrer d’autres et papoter au bar sur fond de thème littéraire arrosé de vin blanc. Sur ce point-là, soirée réussie mais j’y r
eviendrai.
J’ai donc récupéré mon acolyte devant le Réservoir, me suis acquittée des 10€ règlementaires (aouch!), ai gagné pour ce prix un programme et un badge à l’effigie de l’auteur que je supporterai plus tard, en l’occurence Max Monnehay et ai pénétré l’antre. Enfin le Réservoir en fait.
Matthias me présente Max, qu’il connait bien et avec laquelle nous allons donc passer quasiment toute la soirée. Une chouette rencontre que cet auteur de « Corpus Christine » qui a subi il y a peu une actualité peu reluisante (actualité d’ailleurs reprise, on s’en serait doutés, par Frédéric Beigbeder qui en fera son introduction lors de sa lecture…).
Aux alentours de 20h30, le coup d’envoi est donné et le premier round oppose Mohammed Razane et Philippe Jaenada, les deux lisant un extrait de leur propre roman. Même si le jury a eu des avis et réactions que je ne partage pas, Jaenada restant pour moi la caution « classe » de cette soirée, les minutes s’égrènent dans une ambiance plutôt sympa, toute appréciation des textes mise à part…
C’est sur la « victoire » de Mohammed Razane que démarre le 2nd tour, opposant donc (si vous avez bien suivi…) Beigbeder et Max.
Beigbeder commence, avoue n’avoir rien préparé, oublié son livre et meublera ses 8 minutes à coup de blagues, grandes envolées lyriques et autres réactions Beigbedesques. Max suit, et lit quant à elle un texte écrit la veille au soir, spécialement pour l’évènement, on la sentait stressée elle s’en sortira finalement très bien.
La lecture de Max terminée, les délibérations du jury sont finalement très brèves et c’est elle qui sortira gagnante de ce round.
La suite, je ne la sais pas trop, c’est le moment que j’ai choisi pour retrouver quelques connaissances, copains et autres gens de bonne compagnie au bar pour discuter et j’avoue ne même pas avoir vu la finale (que Mohammed Razane a d’ailleurs remporté sur une épreuve à première vue equilibro -artistique?). Je n’étais d’ailleurs pas la seule à détourner mon attention de la scène , la salle s’étant vidée après la lecture de Max.
En conclusion?
Une chouette soirée pour les gens revus, rencontrés et bisoutés (j’ai passé ma soirée à faire des bises), une ambiance agréable, un concept intéressant que le LDM mais à mon avis qui reste à travailler pour en faire un vrai RDV litté’ français (ou parisien, clin d’oeil à ceux qui se morfondent en Province, on vous aime aussi) si tant est que ça en soit le but. En fait, j’ai peur qu’en l’état, il n’y ait pas moultes épisodes supplémentaires pour cause de chute de fréquentation. Enfin, je dis ça, mais ne serait-ce que pour le vin blanc et les copains, j’y retournerai bien je crois ;)
Rencontre avec… Pierre Stasse, auteur des « Restes de Jean-Jacques »
Un mercredi caniculaire de ce mois d’août, dans le 3ème arrondissement de Paris.
Un verre prévu quelques semaines auparavant avec Guillaume Robert, auquel celui-ci a convié Pierre Stasse, dont le premier roman, « Les Restes de Jean-Jacques », sort le jour même chez Flammarion. Occasion à fêter, donc.

20h, il fait toujours une bonne trentaine de degrés lorsque je rejoins Guillaume, dans un Paris au ralenti.
Quelques bafouilles autour de Barcelone et pile au moment où j’avoue à Guillaume que je n’ai pas, à ce moment-là, encore fini « Les Restes de Jean-Jacques », Pierre arrive.
Guillaume et lui se sont rencontrés en 2007, Guillaume faisait partie du jury d’un Concours de Nouvelles, organisé au sein de Sciences Po, dont Pierre Stasse obtint le 1er prix avec une nouvelle qui sera d’ailleurs publiée dans Le Monde 2.
Un véritable coup de foudre littéraire puisque Guillaume s’empresse alors de demander au jeune lauréat s’il n’a pas « quelque chose de plus long » dans ses tiroirs.
Question jackpot pour tout jeune auteur s’il en est… Pierre propose donc un manuscrit à Guillaume, sur lequel il travailleront sans relâche pendant 1 an. Travail de fourmi, non vain mais qui finalement ne satisfait pas Pierre. Celui-ci lâchera donc ce roman en cours de retravail et reviendra vers Guillaume, 7 mois plus tard, « Les Restes de Jean-Jacques » dans les mains.
Avec ce roman qui flirte avec le surréalisme, Pierre Stasse nous emmène au sein d’une cellule familiale et amicale un peu lunaire, composée de Paul, qui ouvre le roman en se faisant tirer dessus par sa future-ex (parce qu’il a donné des restes à manger à Jean-Jacques, CQFD), Mikhaïl et Anouchka, fratrie russe, l’un auteur d’un manuscrit de 6000 pages et l’autre traductrice, Kristin, auteure de » romans de gare », Leila et Ilias, qui tiennent une pension de famille, Keith, le chien acrobate, George Sands, éditeur américain, la mère de Paul qui est une voix sur dictaphone et son père, diplomate.
Il y a finalement peu d’intrigues entre ces personnages, ce qu’on retient surtout est la singularité des dialogues (autant dans le fond que la forme), l’originalité d’un roman non-localisé, non-daté et surtout la fantaisie mise au service de situations et actions à la base totalement banales, et ce tout au long du livre.
J’ai juste noté, de façon anecdotique, le fait que sur 6 personnages principaux, 2 sont écrivains, un éditeur et une traductrice. Miroir amusant, surtout que finalement, le personnage qui a le plus d’épaisseur est celui qu’on ne rencontre quasiment qu’à la fin du livre.
Mais, et ce titre? Quand je pose la question à Pierre, celui-ci sourit et me répond d’un air sérieux (mais pas trop) qu’il s’est penché sur la question pour pouvoir fournir une explication métaphysique digne des illustres journalistes qui l’interrogeront à ce sujet et ne pas avoir à avouer simplement que Jean-Jacques est un « connard de teckel qui se prend pour un berger allemand » (NDLR: Faux, Jean-Jacques est un pékinois d’ailleurs) et qui mange des restes. Hum.
Et donc cette explication métaphysique? Une sombre référence à un professeur japonais très réputé qui aurait consacré un article sur le déclin de la littérature contemporaine et ce qu’il en « reste ». Soit :)
Car finalement, en ce jour de sortie, Pierre Stasse est plutôt fébrile.
On le serait à moins, bien évidemment.
Et quand il nous raconte avoir fait le tour des librairies autour de chez lui et vu son roman sur les tables, juste avant de repartir en cours (NDLR: En guise d’activité estivale supplémentaire, Pierre Stasse prépare le concours du Barreau), je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que ouais, wah quand même. 23 ans, Sciences Po et un premier roman chez Flammarion, il y a de quoi chopper le vertige.
Ayant fini de le lire depuis, je réitère mes propos, ce côté surréaliste, lunaire, un peu fou confère une légèreté appréciable aux « Restes de Jean-Jacques », ce dont j’étais pourtant un peu dubitative à la fin du premier chapitre, à mon sens pas très représentatif de l’ensemble, le tout servi par un style fluide et solide.
Quand je quitte Guillaume et Pierre, il est 22h, il fait toujours 35°C, nous dégoulinons toujours.
Je crois avoir, durant cette entrevue, effrayé notre auteur en lui disant que justement je ne m’étais pas encore fait d’avis sur son livre, mais sachez, Monsieur Stasse, que je vous tire mon chapeau pour ce livre frais qui fait du bien par où il passe, surtout dans une rentrée littéraire caniculaire et, comme toutes les rentrées littéraire, prolifique!
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« Les Restes de Jean-Jacques », Pierre Stasse
Paru chez Flammarion le 19 août 2009
Rencontre avec… Chuck Palahniuk
NDLR: Cet article fait partie de la catégorie « Plumes invitées ». Il a été rédigé par Silphi et est donc publié sous son nom. Merci à lui d’ouvrir le bal de cette catégorie :)
Il faut revenir au début de ce joli mois de mai 2009. Je suis à New-York et le temps décide enfin de se fixer au beau.
Alors que les new-yorkais se jettent sur les terrasses avec leur sens de la mesure habituel, un petit groupe se masse devant les portes du Webster Hall, dans l’East Village, dès 4:00 PM.
Les portes s’ouvrent alors pour la cinquantaine de personnes inscrites en tant que VIP pour le Pygmy Tour.
Le Pygmy Tour, c’est le nom de la tournée promotionnelle donnée par Chuck Palahniuk à l’occasion de la sortie de son dernier roman dans 5 villes aux US.
C’est grâce à son compte twitter que j’ai été alerté (compte tenu par son webmaster pour info) et je me suis aussitôt jeté sur l’occasion et ai fait partie des rares élus à recevoir ma place.
(NB: Les VIP ont le droit de se bâfrer de petits fours et de picoler avec l’auteur avant et après une petite conférence sur l’écriture puis des lectures de passage de son dernier roman.)
Le Pygmy Tour, c’était donc une occasion inespérée de rencontrer cet auteur qui me tient beaucoup à coeur.
Pour le situer, Chuck Palahniuk, ce sont des romans comme Fight Club, Survivant, Choke ou encore Monstres Invisibles, Chuck Palahniuk, c’est la critique de la société américaine contemporaine par l’exagération et la distorsion de ses valeurs. Chuck Palahniuk, ça baigne dans la sueur, le sang et des logiques déviantes paroxystiques.
Dire que j’étais très curieux est donc un doux euphémisme.
Nous rentrons dans un ancien théâtre un peu décrépi mais pas dénué de charme.
Autour de moi, il y a des gens déguisés, des gens super excités, des jeunes, des vieux, des profils très différents. Petits fours et boissons au rendez-vous, puis il arrive.
J’entends littéralement les gens autour de moi retenir leur souffle. Il s’installe à un petit pupitre pour se mettre à signer quelques romans et là, l’espace d’une seconde, je rentre dans la légende.
Il me voit au loin, me fait un sourire et fend la foule pour m’assener une tape dans le dos en me disant que ça lui fait super plaisir que je sois là et que ça fait trop longtemps qu’on ne s’est vu.
*bruit du vent*
C’est lorsque je lui réponds que ce devait être dans une vie précédente qu’il réalise son erreur, mais me paye un verre pour la blague.
L’occasion de rencontrer ce gars fut également l’occasion de m’apercevoir, bien qu’il m’ait paru pour beaucoup surjouer la carte de la contestation citoyenne, qu’il était très sympathique.
Il réfléchit et parle très vite et change encore plus rapidement de sujet. En l’espace de 20 minutes en tête à tête avec lui, j’ai eu le temps d’aborder beaucoup de thèmes différents, de la nature de son écriture (chaotique et désordonnée), à sa façon de toujours voir dans les actualités et les faits divers un travers de la nature humaine et de sa société à extrapoler.
A la question sur la nature déviante et paroxystique de ses héros, il répond qu’en fait, ce ne sont que des personnes ordinaires sacrifiées sur l’autel du consumérisme et de l’apparence et qui trouvent, chacune à leur façon, un moyen de fuir le monde dans le quel elles vivent et où elles ne se reconnaissent plus.
S’en est suivi une discussion autour du personnage de Fight Club (ce gougnafier a refusé de me confirmer son nom mais je suis certain que c’est Jack), ou encore de Survivant avant de s’attarder sur la structure de ces livres.
Avec ces passages très marquant dans les 10 premières pages de chacun de ses romans. (J’aurai l’occasion d’en rediscuter si je ne me fais pas virer par Audrey).
Une rencontre fortuite vraiment agréable en un mot.
Bien sûr après le verre, il est reparti vers ses signatures et moi vers ma file d’attente, auréolé d’une gloire toute artificielle mais pas désagréable.
Je ne parlerai pas ici de son dernier roman, Pygmy, vu que ce devrait faire l’objet d’un autre article par ici dans très peu de temps.
La suite de la soirée a été aussi agréable avec des lectures d’extraits, et des distributions de cadeaux.
C’est comme ça que j’ai gagné un pingouin gonflable signé par Chuck Palahniuk!
Bilan (à part le pingouin), une dizaine de romans signés ramenés en France pour des cadeaux ou pour ma bibliothèque et de très bons souvenirs.
Comme quoi hein, sur un malentendu, ça peut marcher !
Pour aller plus loin:
NDLR: les photos de ce billet ne sont pas libres de droits et ne peuvent donc pas être utilisées sans l’autorisation de Silphi.
Pour toute question à Silphi ->http://silphi.fr/
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