
Théâtre – Promenade de santé
Encore une plume scénique et une interprétation prenante ce mois-ci sur les planches parisiennes.
Nicolas Bedos (fils de) signe et monte « Promenade de santé », à la Pépinière Théâtre.

Pièce d’1heure en 1 acte, « Promenade de santé » met en scène pour la première fois Mélanie Laurent sur les planches. Amie de Nicolas Bedos, celui-ci a d’ailleurs écrit la pièce pour elle, pour lui donner son premier rôle au théâtre.
Si je n’étais pas restée sur une impression mémorable de son dernier rôle au cinéma dans « Inglorious Basterds » de Q. Tarantino, j’avoue que là, elle m’a surprise.
Synopsis de la pièce:
Deux jeunes gens sur un banc. Ils s’amusent, se plaisent, se désirent. Elle va lui dire : Je t’aime. Il voudrait dire : Pareil. Sauf que leur banc se trouve dans le jardin d’une clinique psychiatrique. Où finit la névrose pour que l’amour commence ? Jusqu’à quel point protéger l’autre de nos propres sentiments ? Une histoire de monstres, de deux monstres charmants.
Mélanie Laurent et Jérôme Kircher se donnent donc la réplique sur un banc, une chaise, un lit, contre un mur, le tout dans l’enclave d’une clinique psychiatrique.
Ils se rencontrent, se séduisent, se découvrent, se promettent tout et rien, s’exposent, se renferment, s’aiment. Amour, névroses, maladies psychiatriques, transfert, miroir, tous les thèmes borderline du sujet sont abordés, jamais lourdement et toujours de façon très prenante.

Si Mélanie Laurent surprend agréablement, son partenaire, Jérôme Kircher conquiert, présence, timbre, émotion, il a tout.
La plume de Nicolas Bedos rebondit pendant 1h non stop de façon fluide, parfois drôle, toujours juste et termine dans un final qui m’a tout simplement tiré une larmichette.
Touchant sans être vraiment larmoyant, médical sans être chiant, amoureux sans être gnagnan, émouvant sans être désespérant « Promenade de santé » est une vraie perle. A ne pas rater.
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Promenade de santé, joué à La Pépinière Théâtre du mardi au samedi à 19h
Texte et mise en scène: Nicolas Bedos
Comédiens: Mélanie Laurent, Jérôme Kircher
Scénographie: Sophie Jacob
Lumière: Philippe Lacombe
Collaboration artistique à la mise en scène: Pierre Azéma
Bande son: Olivier de Closmadeuc
Avec la complicité de Lucille Rozé
Théâtre – La Fée Verte
Dans mes plumes adorées, il y a aussi le théâtre.
J’aime le théâtre pour sa construction particulière, pour son attachement aux dialogues et au contexte, pour son objectif de faire ressortir des émotions et générer des interrogations. J’aime d’autant plus cela quand il s’agit de troupes amateurs et de premières pièces, pour le courage et l’implication que cela demande et pour les étoiles qui brillent dans le yeux des comédiens et du metteur en scène quand ils parlent de leur défi.
Nicolas Peraldo est l’auteur et le metteur en scène de « La Fée Verte ».
Comédie d’une heure qui se joue actuellement dans le 11ème arrondissement, elle est l’aboutissement d’un projet, un défi relevé en dehors des heurs de bureau, le symbole d’une « double vie » réussie.
« La Fée Verte c’est l’histoire de celles et ceux qui ne veulent pas renoncer à re-bâtir un monde selon leurs rêves en défiant les convenances. Un chargé d’affaires peut écrire, mettre en scène et produire une pièce de théâtre. Des pourparlers avec des marques de mode la journée, et des répétitions le soir dans des salles à la sauvette. Des présentations à rendre le matin, et des briefs de prod’ la nuit. La double vie de Nicolas Peraldo est dans l’air du temps d’une certaine génération qui tente de vivre un peu ses rêves plutôt que de rêver d’une autre vie. »
Source: Dossier de Presse, édito de Laurence Nguyen, co-productrice
Synopsis de la pièce:
Une fin de soirée entre un couple, un beau-père et une meilleure amie va être chamboulée par une bouteille d’absinthe un peu spéciale qui va transporter successivement chaque personnage dans d’autres contrées, d’autres personnalités, entre délires, quiproquos, révélations, lyrisme et fous-rires.
Mêlant comédiens amateurs et plus « professionnels », chorégraphies décalées, bouteille d’absinthe et canapé rouge, « La Fée Verte » est une bulle d’air.
Une bulle d’air parce que c’est drôle, autant dans le texte que dans l’interprétation. Une bulle d’air parce que c’est frais, léger sans être superficiel. Une bulle d’air parce que le texte parle à chacun d’entre nous, trentenaires engoncés dans nos vies respectives, aux aspirations diverses et aux réalisations rêvées. Une bulle d’air parce que Damien, Mathilde et Coralie c’est nous demain, hier, dans 2 ans.
J’ai assisté à la première de la pièce, dimanche 7 février et j’ai réussi à voir tout ça malgré, ne nous leurrons pas, la tension des comédiens qui a eu un impact sur leur jeu, leur diction et leur justesse.
Certains s’en sortent mieux que d’autres,en l’occurrence Charlotte Tamisier en Mathilde crève l’écran (si je puis m’exprimer ainsi) mais malgré la rigidité et l’appréhension palpable chez les autres, le résultat pour une première a été magistral.
J’ai ri, j’ai réfléchi et je suis sortie de là avec le sourire aux lèvres, avec l’envie de revenir pour voir l’évolution de l’interprétation des 4 comédiens et pour la patine que ne manquera pas de prendre « La Fée Verte » au fil des représentations.
Le texte est juste, fait mal et chatouille les zygomatiques là où il faut et quand il faut, la mise en scène fonctionne parfaitement (alternance des personnages et de leurs réflexions personnelles, liées à l’ingestion de cette absinthe un peu spéciale), c’est globalement un énorme bravo que j’ai envie d’adresser à Nicolas Peraldo et ses comédiens. 
A ne pas manquer!
Texte et Mise en scène: Nicolas Peraldo
Chorégraphies: Elé Asu
Comédiens: Charlotte Tamisier (Mathilde), Caroline Speirs (Coralie), Michel Santelli (Jean), Benoît Quainon (Damien)
Photos: Lam Le Tahn
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« La Fée Verte » se joue tous les dimanches de février et mars à 19h au théâtre Le Passage vers les étoiles (17 cité Joly, Paris 11ème).
Réservations auprès de Laurence au +33 (0)6 62 02 29 52
Adieu Mano…
« Mon existence ne tient pas qu’à ma graisse, je suis esprit avant d’être un corps. Je suis mort, mais rien n’est fini, il reste ma voix et bien peu d’écrits.
J’avais surtout une grande gueule pour chanter des chansons d’amour pour Paris sur la petite scène du Tourtour.
Mes amis ne pleurez pas, le combat continue sans moi. Tant que quelqu’un écoutera ma voix je serai vivant dans votre monde à la con. »
Je suis venu vous voir – Album « Je sais pas trop » – 1997
J’écoute Mano Solo depuis que j’ai 11 ans, depuis la sortie de « La Marmaille Nue ».
L’annonce de sa mort m’a retournée même s’il la chantait depuis des années et que ceux qui l’ont côtoyé savaient que ce jour-là arriverait un jour.
Mano, j’en aime l’énergie, la voix rocailleuse, la plume et les textes à vif, les coups de gueule, j’en aime l’aventure des Marcheurs dès le tout début des années 2000, les rencontres, les pertes, les soirées, les concerts, les backstages, les discussions, les envolées lyriques, les larmes, les rires, les articles écrits pour ce magazine collaboratif fait avec 3 bouts de ficelle et auquel se raccrochait une bande de dinos comme si c’était le radeau de la méduse.
Chaque chanson, chaque parole me ramène aujourd’hui des années en arrière, j’y raccroche des gens chers à mon coeur, parfois partis trop tôt, parfois sur un autre chemin que le mien aujourd’hui.
Merci…
La trève de Noël
Je me déconnecte quelques jours pour cause de foie gras à manger, de champagne à déguster, de pistes de ski à dévaler et de Nouvel An arty à fêter mais je reviens très vite, dès début janvier, avec notamment les critiques de:
- « Nos vies rêvées », de ma copine Barbara Israël, qui sortira en janvier chez Flammarion
- « Bien le silence partout », de Diastème, qui sortira également en janvier chez Flammarion
- « D’autres vies que la mienne », d’Emmanuel Carrère (paru en mars chez POL)
ainsi que d’autres petites perlouzes prévues ci et là, que cela soit en rencontres ou en critiques et notamment la sortie du livre de Carole Fives, « Quand nous serons heureux » aux Éditions du Passage.
Enfin, à suivre également par ici une nouvelle rubrique, dans la lignée de ces chroniques SF dont nous régale Clément mais sur un autre thème et, plus globalement, un autre angle d’écriture.
En effet, à partir du 4 janvier, Silphi nous proposera mensuellement une rétrospective d’un auteur de son choix, pour ne plus se limiter qu’à la seule actualité mais en avoir un tour d’horizon complet.
Les Plumes s’étoffent les amis!
Passez de bonnes fêtes!
L’autoédition: vraie alternative ou voie de garage?
L’autoédition consiste pour un auteur à prendre lui-même en charge l’édition de ses ouvrages, sans passer par l’intermédiaire d’une maison d’édition.
Dans le cas de l’auto-édition, l’auteur se charge de toutes les étapes de la publication du livre : la saisie et mise en page , les corrections, l’impression, les formalités administratives et juridiques, la publicité, la diffusion.
Trop peu d’élus pour le volume fantastique de livres que seraient en mesure de produire les Français, les maisons d’éditions sont généralement accusées de ne plus laisser leur chance aux auteurs qui enverraient leurs manuscrits par la Poste et de privilégier leur réseau.
L’autoédition permettrait donc aux auteurs désireux de voir leur manuscrit se transformer en un « Objet » diffusable d’y arriver sans passer par la case « tri/filtre » que sont les éditeurs.
De nombreux sites se sont d’ailleurs positionnés sur cette « niche » afin de permettre aux auteurs de mettre en page et d’imprimer leurs ouvrages, offrant ainsi une aide « logistique » à l’auteur.
Mais ce qu’on oublie trop souvent, c’est que les éditeurs, en plus d’avoir le rôle de vie et de mort sur un manuscrit (la mort étant le refus et donc la non publication) ont également un rôle non négligeable de conseil, d’orientation, de correction et d’accompagnement au moment de la sortie du livre…
Loin de moi l’idée d’établir une opposition manichéenne entre édition traditionnelle et auto édition, le mal contre le bien, le capitalisme contre la créativité ou quelles que soient les amalgames que l’ont peut lire ou entendre ci et là. Je me pose juste la question de savoir si l’autoédition peut réellement se positionner au même niveau que l’édition traditionnelle et si elle peut représenter une voie dans le développement de la littérature, en termes d’accessibilité, de diversité et de diffusion.
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