
Kolyma – Tom Rob Smith
Presqu’un an après « Enfant 44″, Tom Rob Smith revient avec « Kolyma » présenté comme une suite sans être une suite. Rien que la couverture marque à la fois la filiation et surtout la rupture avec la tradition des couvertures plus « soft ».

Nous avions laissé Leo Demidov en 1953, au moment de la mort foudroyante de Staline, qui marqua à jamais un bouleversement dans le fonctionnement politique et social soviétique.
En 1956, en plein dans la déstalinisation opérée par Khrouchtchev, nous retrouvons Leo, non plus au MGB mais à la tête d’une brigade chargée des homicides, sa femme Raïssa et les deux filles qu’ils avaient adoptée à la suite d’« Enfant 44″, Zoya et Elena, adoption dont la première ne s’est jamais remise. Alors que tout semble quand même aller pour le mieux, un rapport secret émis par Khrouchtchev (issu du 20ème Congrès) sur les crimes atroces perpétrés par Staline et ses hommes de main (dont le MGB) ainsi qu’une vengeance attendue depuis des années par une femme qui traque Leo vont envoyer celui-ci tout droit dans le Goulag 57, situé dans la plaine de la Kolyma, région désertique de la Sibérie.
S’il y a une chose qui n’a pas bougé dans l’écriture et le style de Tom Rob Smith depuis « Enfant 44″ c’est bien sa connaissance parfaite de l’histoire de l’URSS et de ses rouages politiques, économiques et sociaux. L’arrivée de Khrouchtchev au pouvoir, la destalinisation, la formation du KGB, les soulèvements dans les anciens pays alliés de l’Empire Soviétique, tout y est traité d’un main de maître, pour un roman. Donc forcément de côté-ci je suis comblée.
Par contre, le reste ne va pas bien loin.
La fougue et les rebondissements très cinématographiques du premier opus sont quasi inexistants ici, le livre souffre d’énormes longueurs qui diluent complètement l’action, le suspense n’en est pas (ou plus) et Leo Demidov, qui était quand même la figure emblématique du premier livre, n’est plus ici qu’une lopette gémissante et totalement falot. On ne croit ni au Goulag ni à la vengeance, ni au retournement affectif de la fille adoptive de Zoya, on ne croit finalement presqu’à rien tant tout estplat et sans relief.
Contrairement à « Enfant 44″ que j’avais dévoré en en appréciant les moindre détails stylistiques et de fond, j’ai survolé « Kolyma » sans trouver ne serait-ce qu’une seule prise.
Dommage
———————————————————-
« Kolyma », Tom Rob Smith
Paru chez Belfond le 21 Janvier 2010
Contact
Catégories
Le salon
Derniers articles
Commentaires récents
- zarline dans La SF selon Clément #8: L’échelle de Darwin – Greg Bear
- Mèyonsi dans De la beauté – Zadie Smith
- ts dans De la beauté – Zadie Smith
- ts dans De la beauté – Zadie Smith
- Méyonsi dans De la beauté – Zadie Smith
Je suis là aussi
