This entry was posted on Vendredi, février 12th, 2010 at 9:47 and is filed under Critiques de Plumes. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. Both comments and pings are currently closed.

Le cahier bleu – James A. Levine
Dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio, j’ai reçu il y a peu un singulier petit livre.
James A. Levine, professeur et médecin, a été mandaté par les Nations Unies pour enquêter sur le travail des enfants dans les pays émergents. Alors qu’il est à Bombay, dans le quartier où se prostituent des centaines d’enfants, il remarque une petite fille qui écrit dans un cahier bleu. L’héroïne de son roman est née.

Batuk a 9 ans quand son père la vend à un bordel d’enfants de Common Street, à Bombay.
6 ans plus tard, après avoir réussi à voler un crayon à sa geôlière, elle va mettre par écrit, avec ses mots à elle, ces 6 années ainsi que son enfance, le « avant ».
Le livre est clairement divisée en 2 parties.
Dans la première Batuk raconte sa vie au bordel, les visites des notables, policiers et pères de famille pédophiles, son amitié avec Puneet, seul garçon du bordel et donc encore plus recherché par les pervers qui les visitent tous les jours, elle nous raconte également sa famille, son père, son enfance au bord de la rivière, puis le jour de « la vente aux enchères », son passage par un « Orphelinat » sensé la « modeler » puis son arrivée dans Common Street.
Batuk nous raconte tout ça avec les mots d’une enfant mais avec l’esprit affûté de quelqu’un qui a vécu beaucoup trop vécu pour son âge et surtout beaucoup trop de choses innommables.
Vraie partie « littéraire » s’il en est puisque James A. Levine prête à Batuk une imagination sans borne, des mots puissants et donc un récit poignant, même si glauque à souhait.
La deuxième partie n’a rien à voir.
Vendue et devenue l’esclave sexuelle d’un fils d’un grand notable, cloitrée dans un hôtel de luxe et soumise à toutes les horreurs possibles et imaginables, la voix de Batuk se change ici en témoignage froid, factuel, chirurgical.
On est plus ici dans le récit mais dans une spirale horriblement réaliste dont on connait finalement déjà l’épilogue. Plus sale, poisseuse et glauque encore que la première partie (et pourtant le niveau était haut), cette deuxième partie marque un tournant dans le livre, du récit au témoignage, du littéraire au « documentaire » si vous me pardonnez l’utilisation abusive de ce mot ici.
J’ai un peu de mal à exprimer mon ressenti sur ce livre.
Glauque, dérangeant, poignant certes.
Littérairement intéressant, pas vraiment mais je ne crois pas que cela soit le côté joué par James A. Levine.
Poisseux, oui, dans le sens où je vous en parle aujourd’hui sans pouvoir réfréner une grimace de dégoût face au contenu de ce livre, contenu qui, je vous le rappelle, est le quotidien de milliers d’enfants à travers le monde.
Mais est-ce que je le conseillerai? Je n’en suis pas sûre.
————————————————-
« Le cahier bleu », James A. Levine
Paru le 7 Janvier 2010 chez Buchet-Chastel
3 Commentaires sur “Le cahier bleu – James A. Levine”
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15 février 2010 at 9:01
j’ai ressenti également de la rage face ces situations monstrueuses à notre époque ! on se bat pour des broutilles et on ne fait pour ces milliers d’enfants esclaves, prostitués, vendus c’est horrible , injuste et intolérable
un livre qui mérite d’^^etre connu pour dénoncer cette horreur , et que ces pratiques cessent une bonne fois pour toute.
22 février 2010 at 9:40
J’ai reçu ce livre dans le même cadre que toi. Je trouve que ton terme « poisseux » est trsè bien choisi pour décrire cette lecture.
j’ai dû mal à me remettre de ce livre.
22 février 2010 at 10:43
@Pascale: Que ce livre existe ca ne peut être qu’une bonne chose et je souligne effectivement la prouesse de ne pas voir James A. Levine derrière lécriture mais vraiment Batuk… Merci de ta visite!
@Isa: Oui, voilà, « poisseux » est vraiment l’adjectif qui m’est venu le plus vite… Merci de ta visite!