
Les Visages – Jesse Kellerman
Elu meilleur thriller de l’année par le New York Times, « Les Visages » de Jesse Kellerman, fils de (Jonathan et Faye Kellerman), est son premier roman édité en France. Allons bon. Testons, donc.

Ethan Muller, marchant d’art à New York et accessoirement dernier rejeton de la « dynastie » Muller, faite de businessmen et de secrets de famille bien cachés, tombe un jour sur l’œuvre monumentale et monomaniaque d’un certain Victor Cracke, lequel se serait purement et simplement volatilisé.
Subjugué par les dessins de l’artiste, il en fait l’exposition et l’évènement artistique de l’année. Mais tout se gâte le jour où un policier à la retraite reconnait dans un des dessins les visages d’enfants dont les meurtres n’ont pas été élucidés 40 auparavant…
Jesse Kellerman prend ici le pari de faire parler Ethan Muller à la première personne et de le faire se confronter non seulement à une enquête policière un peu glauque qui l’emmènera sur les traces d’un tueur en série ayant maintenant 70 ans, mais également à sa propre fuite en avant.
Bon, techniquement, rien à dire. Bien écrit, fluide, on sent la maîtrise de la technique du thriller, à savoir l’enchevêtrement d’histoires se rejoignant comme par magie à la fin.
Mais le meilleur thriller de l’année? Heu, le New York Times a du avoir les yeux un peu floutés par d’autres éléments. Parce que moi j’y ai surtout vu 500 pages lentes, monotones, aux descriptions certes chirurgicales et réalistes mais absolument pas génératrices d’émotions, quelles qu’elles soient.
L’environnement d’Ethan, à savoir le monde de l’art à New York, aurait pu être exploité de façon plus poussée et l’énigme policière et la recherche de Victor Cracke sont parasitées par tout un tas de longueurs qui perdent le lecteur plus qu’elles n’épaississent l’histoire.
Les seuls passages qui finalement donnent un intérêt au livre sont les interludes qui reviennent sur l’histoire de la famille Muller, la construction de la dynastie et les secrets de famille bien cachés aux yeux du monde, même si, conformément à tout bon thriller qui se respecte, les interludes et l’histoire se rejoignent à la fin.
Bref, 500 pages qui font surtout tricoter les yeux, à défaut des méninges et des émotions.
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« Les Visages », Jesse Kellerman
Paru le 15 octobre 2009 aux Editions Sonatine
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