This entry was posted on Mercredi, janvier 20th, 2010 at 9:20 and is filed under Critiques de Plumes, La SF selon Clement, Plumes invitées. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. Both comments and pings are currently closed.

La SF selon Clément #4: Le cycle des Princes d’Ambre – Roger Zelazny
NDLR: 4ème opus de la chronique SF de Clément. Merci à lui!
Pas de gagnant ce mois-ci, même si je soupçonne certains de s’être retenus car les réponses leurs semblaient trop faciles.
Néanmoins, pour ceux qui n’avaient pas trouvé, voici les 10 noms propres qui se cachaient dans les titres de romans de SF :
- Jack Baron et l’éternité, Norman Spinrad
- Les erreurs de Joenes, Robert Sheckley
- Colomb de la lune, René Barjavel
- Un cantique pour Leibowitz, Arthur Miller
- L’étrange affaire Charles Dexter Ward, HP Lovecraft
- Le voyage de Tchekov, Ian Watson
- Docteur Adder, K. W. Jetter
- Un martien nommé Jésus, PJ Farmer
- Les enfants d’Icare, A. C. Clarke
- Le livre de Ptah, A. E. Van Voght
Bravo à ceux, même discrets qui avaient trouvé !
Après les traditionnelles réjouissances de début de chronique mensuelle, il faut reconnaître à l’auteur de ces quelques lignes une certaine appréhension à l’idée d’évoquer un monument de la Science Fiction.
Beaucoup de romans méritent le titre de morceaux de bravoure réjouissants, peu celui de chef d’œuvre. Les véritables monuments, piliers solides sur lesquels repose un pan entier de la SF peuvent sans doute se compter sur les doigts des deux mains. « Le Cycle des Princes d’Ambre » est de ceux là.

On considèrera ici, mais certains en seront peut être offensés, que Roger Zelazny a écrit son cycle des princes d’Ambre dans le cadre de l’heroïc fantasy, genre faisant appel à des héros, souvent musclés, engagés dans une quête, dans un monde merveilleux où la magie règne et les dieux, pas toujours bienveillants, sont omniprésents.
Bien loin des sciences dures portées par les romans d’Arthur C. Clarke (dont nous parlions le mois dernier) et autres auteurs de la branche hard science de la SF, la fantasy est le royaume des sciences molles : linguistique, géographie, cosmogonie, sciences ésotériques…
Mais une fois dépassées ces quelques idiosyncrasies du genre, il est bien difficile de trouver d’autres particularités regroupant ce genre très éclectique.
Pas grand chose à voir, en effet, entre le « Cycle d’Elric » de Michael Moorcock et « Le Ballet des Sorcières » de Fritz Leiber ou encore l’immense œuvre du « Seigneur des anneaux » de Tolkien, précurseur de la fantasy. D’ailleurs, les auteurs (et les fans !) de fantasy ont un talent et une imagination débordante lorsqu’il s’agit de faire la taxinomie du genre avec des créations de sous-sous genres littéraires aux noms poétiques comme sword and sorcery, High fantasy, dark fantasy, urban fantasy ou encore science fantasy.

Il serait quasi impossible de résumer les 10 tomes de l’œuvre de Zelazny, d’autant que l’intérêt de ce cycle ne réside pas tant dans les développements de l’intrigue que dans cette ballade merveilleuse dans ce monde étrange et emprunt d’une grande poésie.
Car c’est une véritable somme, ce qui n’est pas bien étonnant pour un auteur diplômé de littérature et spécialisé, bien loin de la SF, dans le théâtre élisabéthain. Comme beaucoup d’auteurs, c’est dans sa jeunesse des années 60 que Zelazny s’est créé ses convictions littéraires en rédigeant de courtes nouvelles de science fiction, souvent dotées d’un humour grinçant et pince sans rire, avant de passer, progressivement vers des romans beaucoup plus longs, sans jamais se départir, jusqu’à la fin de cet humour qui en on fait un auteur populaire et facilement accessible. On lira, pour le sourire, « Le démon de la Farce », un de ses derniers romans, d’une drôlerie quasi jamais égalée dans le domaine de la SF.
10 tomes, composés de deux cycles distincts, le cycle de Corwin et le cycle de Merlin, écrits sur plus de 20 ans puis enrichi par des nouvelles jusqu’en 2003 (soit huit ans après sa mort), c’est l’œuvre d’une vie pour l’auteur, Roger Zelazny, un des rares à avoir su, à ce point, développer en cohérence toutes les facettes d’un monde imaginaire, obéissant à ses propres règles.
Ambre est la seule citée véritable de l’univers, garante de sa stabilité, et dont tous les autres univers ne sont que des Ombres.
Elle obéit à ses propres règles, à ses propres rites, a sa propre histoire et ses propres dieux. Elle est surtout la convoitise des 9 enfants d’Oberon, le roi disparu, qui se livrent une guerre épique pour accéder au trône. Dans cette aventure, beaucoup est emprunté aux légendes et symboles Celtes, dans les noms, Corwin, Merlin, Deirdre, Fiona, Llewela ; dans les lieux , Ambre et son reflet aquatique Erbma, la Marelle, dont les graphismes empruntent fortement aux légendes celtes et qui permet aux Princes d’Ambre d’acquérir leurs puissants pouvoirs, Tir Na Nog’th, l’Ambre rêvée accessible uniquement de nuit ; et dans les symboles comme les Atouts qui permettent de communiquer entre les personnes représentées sur les cartes ou la licorne, symbole d’Ambre.
Le « Cycle des Princes d’Ambre » est une réussite là ou beaucoup d’auteurs ont échoué à vouloir créer à tout prix des cycles. La SF, parce qu’elle a vocation a créé des univers possibles est particulièrement propice à ces grandes sagas.
Du cycle de la « Fondation » d’Asimov au « cycle du A » de Van Voght en passant par toutes les gammes de la SF avec le « Dune » de Francis Herbert ou « les aventures de Conan le Barbare » de Robert E. Howard, beaucoup d’auteurs ont ainsi essayé, avec plus ou moins de réussite, de se créer leurs propres univers.
Souvent réservés aux passionnés, car extrêmement longs, ils sont pourtant souvent d’une richesse littéraire qui n’a rien à envier aux sagas de la littérature plus classique et contribuent ainsi à donner à la SF quelques lettres de noblesse qu’une certaine intelligentsia littéraire lui refuse.
Pour ceux qui n’auraient pas le temps, ni l’envie de se plonger dans l’intégralité du « cycle des Princes d’Ambre » (et vous avez tort), on lira quand même avantageusement les premiers tomes des deux parties du cycle : « Les 9 princes d’Ambre » où l’on retrouve Corwin, d’abord amnésique, dans son retour vers Ambre et son affrontement avec son frère Eric pour la conquête du trône d’Ambre et « Les Atouts de la vengeance » où Merlin, fils de Corwin réfugié sur l’Ombre-Terre affronte un mystérieux assassin.
Pas de jeu littéraire autour de la SF ce mois-ci mais une question à laquelle vous êtes tous mis à contribution.
Lors d’une prochaine chronique, je ferais sans doute un point sur « la bibliothèque idéale de Science Fiction ».
A vous donc de donner ici les 10 romans du genre qu’il vous paraît essentiel d’avoir chez soi. A vous de jouer !
20 janvier 2010
10 Commentaires sur “La SF selon Clément #4: Le cycle des Princes d’Ambre – Roger Zelazny”
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20 janvier 2010 at 11:43
Bonne petite chronique ! Tu viens de me remettre en tête l’excitation et l’émerveillement éprouvés à la lecture de cycle, majeur en effet ! (j’ai beaucoup d’amour pour Zelazny de manière générale d’ailleurs)
Bibliothèque idéale de SF… en 10 romans… ouille, dur !
Alors, ceux que j’emmènerai sur une île déserte :
- Etoiles Mourantes, Ayerdhal.
- Fahrenheit 451, Ray Bradbury.
- La stratégie Ender, Orson Scott Card.
- La Horde du Contrevent, Alain Damasio.
- La profondeur des tombes, Thierry Di Rollo.
- La Guerre Eternelle, Joe Haldeman.
- Dune (1&2), Franck Herbert.
- L’Echiquier du Mal, Dan Simmons.
- Les oiseaux de lumière, Jean-Marc Ligny.
- Le Cycle des Prince d’Ambre, Roger Zelazny.
Pffff, en fait, c’est juste une sélection. Une liste de 100 serait bien plus réaliste !!!
20 janvier 2010 at 11:45
[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Viinz, Clément Lazarus. Clément Lazarus a dit: RT @MamzelleAudrey: [Les Plumes] Chronique SF d'Asclepieia #4 – http://tinyurl.com/yk6e3wz [...]
20 janvier 2010 at 11:56
Le problème quand on demande les 10 romans essentiels, on finit toujours avec les classiques que tout le monde a déjà lu si il s’interesse au genre ou ne lire de toute manière pas si la SF lui /fait peur/. But anyway :
1. Ubik de K. Dick
2. 1984 d’Orwell
3. Neuromancien de Gibson
4. Fondation d’Asimov
5. I, Robot d’Asimov
6. Hyperion de Simmons
7. Cryptonimicon de Stephenson
8. The Diamond Age de Stephenson
9. Le Monde Inverti de Priest
10. Player of Games de Iain M. Banks
Voilà voilà :-)
20 janvier 2010 at 12:00
C’est exactement ça oui ! 10 ce n’est pas assez ;)
Et difficile de couvrir le spectre des différents genres SF avec seulement 10 romans…
Et là je me rends compte que j’avais oublié 1984, et puis en effet Hypérion est un monstre. Et Player of Games aussi…
Nan, vraiment, 100, ce serait mieux ^^
20 janvier 2010 at 12:13
Bon bah alors soyons fou, mettez en autant que vous voulez, on fera un mix!
20 janvier 2010 at 12:39
Merci pour cette chronique sur Ambre, je dois avouer que Corwin et sa fratrie sont vraiment attachants. Tant qu’à parler de Zelazny, un roman magnifique à ajouter, c’est Toi l’immortel qui est un très bon roman de SF.
Et pour 10 romans, je vais juste caler que de la fantasy parcequ’effectivement tous les genres en 10 romans, c’est pas possible.
- La Compagnie Noire de Glen Cook
- Les Portes de la Mort de M Weiss et T Hickman
- Terremer d’Ursula Le Guin
- Le Trone de Fer de GRR Martin
- Les annales du Disque Monde de T Pratchett
- Lyonesse de J Vance
- L’assassin royal de Robin Hobb
- La romance de Tenebreuse de MZ Bradley (je sais c’est tangent en terme de définition mais c’est globalement de la fantasy)
- La Tour Sombre de S King (pareil pour la déf mais Roland est LE pistoléro)
- Et j’ai bien envie de citer les Chroniques des Crépusculaires de M Gaborit car c’est de la bonne fantasy française ;)
Je ne mets pas le seigneur des anneaux ou Alice au pays des merveilles car c’est au delà de la fantasy en tant que classiques de la littérature anglo-saxonne.
Au final, si je devais refaire ce classement demain, il serait différent mais là je le sens bien. Et je sais bien que j’ai triché dans la mesure où ce ne sont que des cycles et pas des romans mais le genre se prête facilement aux œuvres fleuves.
Je ferai mon bilan SF un autre jour mais je dois avouer que la contribution cyber/steam punk de Ju me plait beaucoup ^^
20 janvier 2010 at 12:41
Une très bonne chronique comme à ton habitude !
Zelany est un maitre de la chose et ce cycle me rappelle ma jeunesse si je peux m’exprimer ainsi, la joie de la lecture qui nous permettait de nous évader dans ce monde fantastique ou nous étions nous mêmes des Princes…
Pour le coté bibliothèque dur dur effectivement…
- Le seigneur des anneaux Tolkein (oui je triche il y a plusieurs volumes)
- Dune la totale Franck Herbert (oui je triche encore)
- La Nuit des Temps de René Barjavel
- Le cycle de Fondation d’Isaac Asimov
- I Robot d’Isaac Asimov aussi
- Le cycle du A d’A. E. van Vogt
- Le Guide du voyageur galactique de Douglas Adams
- Au Carrefour des Etoiles de Clifford D. Simak
- Le Cycle de Tschaï de Jack Vance
- La machine a explorer le temps d’H. G. Wells
Mais comme le dit Vinz, c’est plus 100 titres qu’il faudrait sur une ile déserte !
20 janvier 2010 at 12:45
Etonnée et ravie de lire une chronique sur ce cycle que j’ai découvert en cercle privé et fait partager de la même manière.
Cependant je ne lui accorderai pas le titre de pilier de la SF, puisque majoritairement hors réalité terrestre, et bien plus proche des arcanes de la fantasy.
Toutefois si l’on considère le choix des « princes d’Ambre » comme référence pour la SF, j’incluerai alors dans « MA biblio » d’autres titres de Fantasy.
SF pure :
- Le cycle de robot (I.Asimov)
- Le cycle de Dune (F.Herbert)
- Le Cycle de Fondation (I.Asimov)
- Blade Runner (P.K.Dick)
- Mars (B.Bova)
et bien sûr les classiques des classiques
- La nuit des temps (R.Barjavel)
- Le Meilleur des Mondes (A.Huxley)
- L’île du Docteur Moreau (H.G.Wells)
- La machine à explorer le termps (H.G.Wells)
- Fahrenheit 451 (R.Bradbury)
- 1984 (G.Orwell)
SF/Fantasy :
- La ballade de Pern (A.McAffrey)
- Royaume magique à vendre (T.Brooks)
- Les maîtres chanteurs (O.S.Card)
Fantasy :
- Le cycle de l’assassin royal (R.Hobb)
- Le cycle des Elfes (J-L.Fetjaine)
- Le seigneur des anneaux + Le Silmarillion (J.R.R. Tolkien)
- Les métamorphes {Chroniques des Cheysulis}(J.Roberson)
Bon ce qui en fait bien plus de 10 titres, mais quand on aime on ne compte pas non :D
(oui ce commentaire était bien trop sérieux et pompeux, il manquait gravement de smileys :p )
20 janvier 2010 at 1:09
Une liste qui fait apparaître « La Nuit des Temps » de Barjavel est /de fait/ discréditée. #troll
26 janvier 2010 at 5:10
Pas le temps d’écrire ma biblio SF officiel (on y trouverait néanmoins du Vance, du Heinlein, du Asimov, du Herbert, du Zelasny et quelques autres), mais je voulais juste revenir sur Zelasny, en insistant sur la dimension théologique de l’auteur.
Peu d’auteurs de SF ne se sont en effet autant amusé avec les dieux et leurs avatars, et l’on retrouve cette fascination de Zelasny pour les thématiques religieuses (la genèse, la mort, eros &thanatos, etc.) dans toute la saga d’Ambre.
A noter qu’un jeu de rôle Ambre est sorti en 91 je crois (damned, ça passe vite) et qu’il avait la particularité, outre des règles très denses et complexes, de pouvoir se jouer sans dés, ce qui était une hérésie à l’époque où Ad&D était roi.
je me devais de préciser cela. Merci pour l’article en tout cas, ça fait plaisir de voir que la saga touche encore.