This entry was posted on Lundi, novembre 23rd, 2009 at 4:28 and is filed under Rencontres de Plumes. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. Both comments and pings are currently closed.

Rencontre avec… Arnaud Le Guilcher, auteur de « En moins bien »
Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas.
Vendredi soir, c’est dans le 18ème que je rejoint Arnaud Le Guilcher, auteur du « En moins bien » dont je vous ai vanté les mérites il y a peu, et Stéphane Million, son éditeur, autour d’un verre, le singulier étant bien sûr illusoire. Le consortium des mecs à barbe en fait.
« En moins bien » est le premier roman d’Arnaud et si j’avais noté un style parlé, enlevé et plutôt « fleuri » dans mon article, force est de constater qu’Arnaud n’écrit pas comme il parle. Plus doux tu meurs. Enfin d’apparence certainement, je n’oserai me prononcer sur le reste ;)
Arnaud m’explique donc que certains passages du livre, dont celui sur les pingouins, datent de 1999 et sont issus de bouts de papiers sur lesquels le Arnaud d’alors gribouillait férocement des tirades, des dialogues, des bouts de textes. Ces bouts de papier sont aujourd’hui bien planqués dans une boîte, LA boîte comme il la nomme, qui ne renfermerait donc selon lui que du « 100% pourri ».
Oui parce qu’Arnaud, à la base, n’est pas écrivain mais musicien et travaille d’ailleurs chez Universal Music.
Il s’est longtemps essayé à l’écriture de chansons, accompagné pour leur enregistrement de quelques amis compatissants sensés distraire (avec leurs accords et instruments originaux) des paroles « 100% pourries » de son propre texte. Peine perdue, même si l’une de ces chansons « fonctionnera » d’un point de vu personnel, le reste restera au point mort.

« En moins bien » a vu le jour il y a à peu près 2 ans donc, en tout cas la trame principale, à la suite d’une rupture sentimentale, l’histoire du héros et d’Emma se calquant à peu près sur celle d’Arnaud.
Celui-ci envoie son manuscrit à quelques maisons d’éditions, lesquelles ont toutes refusé le roman via des lettres types plus ou moins agréables, la palme revenant à Maud Béranger au Dilettante pour la lettre la plus désagréable et insultante de l’année.
Arnaud l’a d’ailleurs tellement lue et relue qu’il me la récite par cœur entre deux clopes et je devine effectivement l’impact qu’elle a du avoir au moment de sa réception.
Arnaud enterre donc plus ou moins son manuscrit en se disant que celui-là aussi doit faire partie du « 100% pourri ». C’était sans compter Yves Simon, qui ayant eu le manuscrit entre les mains et l’ayant adoré, décide d’envoyer le manuscrit à Stéphane Million.
Stéphane reçoit « En moins bien » en novembre 2007, n’ouvre l’enveloppe qu’en mars 2008 et appelle Arnaud dès le lendemain, sous le charme du manuscrit. A ce moment-là Stéphane est en pleine période de transition de distributeur et estime que le roman d’Arnaud mérite la meilleure diffusion possible. Il lui propose donc de faire passer son livre à des éditeurs « plus gros » pour lui assurer le succès qu’il mérite, n’étant pas lui même dans la capacité de le faire.
Mais le sort en a décidé autrement puisqu’au moment où Arnaud accepte, Stéphane trouve un distributeur et a donc la possibilité de publier et diffuser « En moins bien ».
Une fois le projet lancé, Arnaud se sent pousser des ailes et, en vacances, les cheveux dans le vent, va pondre un paquet énorme de réécritures et corrections. Quasiment toutes refusées, « 100% pourries », de l’avis des deux, qui s’en marrent encore comme des baleines.
C’est donc un roman presque pas retouché qui est publié début octobre, et qui sera lu et salué publiquement par des gens aussi différents que Sébastien Chabal (le consortium des mecs à barbe, toujours) ou Renan Luce (et moi-même d’ailleurs).
Une chouette histoire que la publication de ce livre qui aura également eu une conséquence majeure puisque la relation qui lit Arnaud et Stéphane va aujourd’hui plus loin qu’une relation auteur/éditeur, l’un n’envisageant pas de publier un nouveau titre sans l’autre. Opération qui sera donc renouvelée dans peu de temps puisqu’Arnaud est actuellement dans un 2ème manuscrit que j’espère aussi bien que le premier, sans en être trop inquiète. Je les soupçonne même d’avoir le même barbier, m’enfin…
La prochaine étape sera peut-être juste d’incinérer LA boîte du « 100% pourri » pour conjurer le sort ;).
Une belle rencontre encore une fois, c’est toujours foutrement agréable de passer un moment avec des gens talentueux, qui aiment ce qu’ils font et qui, en plus, ont un contact des plus sympathiques.
Et je ne dis pas ça parce qu’ils m’ont payé tous mes verres hein.
4 Commentaires sur “Rencontre avec… Arnaud Le Guilcher, auteur de « En moins bien »”
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24 novembre 2009 at 9:15
Ah tiens, j’ai du recevoir la même lettre de Maud Béranger. Ce doit être un bon présage… Cela dit, le monde est p’tit, je suis en train de lire « En moins bien »…
24 novembre 2009 at 7:26
Je suis en train de le lire, un vrai régal !
30 novembre 2009 at 9:44
Le XVIIIe, c’est l’avenir (en mieux)
(les livres n’y sont pas barbants et on y trouve d’excellents barbiers)
10 décembre 2009 at 11:03
« Celui-ci envoie son manuscrit à quelques maisons d’éditions, lesquelles ont toutes refusé le roman via des lettres types plus ou moins agréables, la palme revenant à Maud Béranger au Dilettante pour la lettre la plus désagréable et insultante de l’année.
Arnaud l’a d’ailleurs tellement lue et relue qu’il me la récite par cœur entre deux clopes et je devine effectivement l’impact qu’elle a du avoir au moment de sa réception. »
Remember Philippe Djian dans 37°2 le matin…