
HYROK – Nicolaï Lo Russo
Dans la lignée de « Adore » de Dahlia et d’ »Unplugged » d’Alexandra Varrin, les Editions Léo Scheer continuent leur mécanisme de rétro-publication (publication papier de manuscrits ayant été diffusés « virtuellement »" sur le site des Editions) avec « HYROK » de Nicolaï Lo Russo, dont les 500 et quelques pages m’attendaient bien sagement dans ma boîte aux lettres il y a peu.

Première impression, c’est lourd 516 pages. Surtout dans un sac de fille. Et puis, finalement, dans « HYROK », on a l’impression que ce qui pèse, ça n’est pas le poids du papier, mais le poids que trimballe en permanence Louison Rascoli sur ses épaules. Fatalité, destin, manque de chance, mauvais contexte, mauvaises rencontres, inadéquation, monde pourri, on pourrait disserter des heures sur les raisons qui seraient à l’origine de ce poids. Mais là n’est pas la question.
Louison Rascoli est un photographe de mode des années 2000 dont nous suivons, à travers la retranscription de son fils, vers les années 2040, de journaux intimes et enregistrements vocaux, la vie, la carrière, les rencontres (dont celle avec la mère de son fils) et la fin. Destin tragique s’il en est, Louison Rascoli mourra désespéré, sans imaginer un seul instant l’impact posthume de son oeuvre sur le monde artistique en général et photographique en particulier.
Nicolaï Lo Russo mêle dans « HYROK » des éléments caractéristiques de notre si beau monde actuel, le culte de l’apparence, la mutation des relations avec l’explosion du virtuel, le consensus mou autour d’un Art pauvre mais érigé en culte par quelques élites, la mise au trou de l’originalité et la pression sociale autour de tout ça.
Sujets lourds sur lesquels viennent se greffer de jolis clins d’oeil au monde des blogs, du langage SMS, des sites de rencontres et de p0rn amateur et également la main mise de la réussite par le réseau plutôt qu’au mérite.
516 pages lourdes donc.
Mais lourdes de sens. Si « HYROK » est parfois difficile à lire (et il l’est, j’ai souvent dû m’accrocher pour dépasser certaines pages), disons que le fond en est l’explication. Le style de Nicolaï Lo Russo est parfois un peu trop riche, un peu brouillon mais le sujet et le sens qu’il dessert le rend finalement légitime, ou en tout cas parfaitement compréhensible. C’est pas funky « HYROK », c’est même parfois déprimant. Il y a vraiment des moments où les 516 pages ont envie de tomber toutes seules par terre. Mais au final, ça fonctionne pas mal.
Et concernant l’explication du titre, pas de chance, je ne dirai rien, elle se trouve vers la fin du livre.
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« HYROK », Nicolaï Lo Russo
Paru le 7 Octobre 2009, aux Editions Léo Scheer, collection M@nuscrits
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