This entry was posted on Jeudi, octobre 1st, 2009 at 8:45 and is filed under Critiques de Plumes. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. Both comments and pings are currently closed.

L.A. Story – James Frey
Je dois avouer que cette rentrée littéraire m’avait un peu frustrée. Certes je n’ai pas lu l’exhaustivité des 600 et quelques livres sortis entre fin aout et début octobre, certes quelques unes de mes lectures m’ont laissée d’agréables impressions. Mais pas de gros coup de cœur, pas de gros crush, pas d’extrême, seule une tiédeur, certes confortable mais un peu soporifique… Jusqu’à la semaine dernière en fait et les néons de « L.A. Story » de James Frey.

James Frey, c’est cet auteur qui avait défrayé la chronique en 2001, se mettant tous les médias américains (Oprah Winfrey en tête) à dos après avoir soutenu mordicus que son roman « Mille Morceaux » était un témoignage et non une fiction. Supercherie découverte et pour laquelle James Frey a payé en s’exilant un temps en France.
Pour « L.A. Story« , il affiche clairement la couleur. C’est un roman. Les chiffres utilisés et présentés ne sont « inventés qu’à 25% » dixit l’auteur lui-même.
Car finalement ce qui marque dans ce livre n’est pas la véracité ou non des faits et statistiques de la ville de Los Angeles et de ses habitants. Ce qui marque c’est la désacralisation du rêve américain californien, la descente de Los Angeles de son piédestal, c’est la réalité opposée à l’imaginaire.
Pour James Frey, Los Angeles est assimilable à une des autoroutes qui la bordent et la traversent, une 16 voies embouteillée, grise, sale, où les vies se croisent et parfois percutent à pleine vitesse le mur de l’American Dream.
Dans son roman on suit de façon fractionnée les vies d’Esperanza, américaine d’origine mexicaine contrainte de faire du ménage à Pasadena, d’Amberton, acteur superstar pesant des millions de dollars, hétéro publiquement mais gay dans l’intimité, de Vieux Joe, SDF sur la promenade de Venice Beach, de Dylan et Maddie, jeunes de 19 ans qui ont quitté l’Ohio pour réussir et mieux vivre à L.A., de Larry le marchand d’armes, de ces millions de jeunes venus à la conquête de l’Ouest en rêvant d’intégrer le monde du cinéma et des paillettes…
Entre ces histoires, James Frey nous rappelle l’histoire de la construction de LA et son expansion, il nous assène aussi des « Faits marrants sur L.A. » ou de « Faits pas marrants sur L.A. », d’informations factuelles sur les autoroutes, les gangs ou les points étranges de la legislation du comté de Los Angeles.
Ce qui m’a touché, en plus du style de James Frey, à la fois très accessible et en même temps très « habité », c’est l’aura de ce livre. Une espèce de Bible de L.A. mais une Bible noire, effrayante, qui casse en deux les images pastels que nous avons tous de cette Californie.
Ce que raconte James Frey n’a rien d’un conte de fée, ça n’a rien non plus d’un tableau noirci à l’extrême, c’est juste la réalité de L.A., en dehors des strass et des paillettes des collines de Beverly Hills et d’Hollywood. Ce sont juste des bouts de vie , des bouts d’époques, des rêves brisés ou au contraire des vies sublimées par une rencontre, un coup du sort ou autre…
James Frey casse le mythe et il le fait d’une façon brillante, incandescente, avec une écriture habitée, une écriture qui, en tout cas, m’a personnellement frappée de plein fouet.
Pour une fois qu’un « Bret Easton Ellis-like » ne me débecte pas…
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« L.A. Story », James Frey
Paru chez Flammarion le 1er septembre 2009
7 Commentaires sur “L.A. Story – James Frey”
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1 octobre 2009 at 9:32
Si jamais tu veux approfondir sur Los Angeles et sa création, je ne peux que conseiller le Quatuor de Los Angeles de James Ellroy qui commence avec le Dahlia Noir :)
1 octobre 2009 at 11:41
@Silphi: Of course pour Ellroy, on en retrouve d’ailleurs un peu chez Frey ;) J’ai lu le Dahlia Noir mais pas les autres, je note je note :)
1 octobre 2009 at 1:11
2001 ? ça n’était pas beaucoup plus récent, genre 2 ou 3 ans ? À moins que ma notion du temps ait finit par capituler… (ce qui est loin d’être exclu, cela dit)
D’autant que le bouquin n’est sorti que plus tard, donc à moins qu’un McFly soit passé par là…
Ayant lu L.A l’an dernier en vo (Bright Shiny Morning), j’ai eu exactement la même réaction que face à ses (soi-disants) mémoires : captivant, mais très souvent à la limite du grotesque, et bien qu’il y mette du sien, la subtilité n’est clairement pas (en tous cas, pour le moment) un des atouts de Frey.
1 octobre 2009 at 2:12
@Sowey: La traduction française date de 2004 mais il est sorti aux US en 2001, à moins que je me trompe (et mes sources avec) :) Non effectivement, il n’a pas un style qui pourrait être qualifié de subtil peut-être, mais ca reste un style simple, accessible, que j’ai trouvé agréable à lire. Pour le captivant, j’acquiesce par contre!
1 octobre 2009 at 10:48
Mon édition (Doubleday) stipule bien 2003 en date de premiere édition (plus exactement par John Murray Publishers, chez nos amis britons).
Pour la date du « gros scandale » et du clash avec Oprah,c’est bien plus tard, par contre. Il y avait probablement des doutes dès la sortie, mais le capharnaüm médiatique date de 2006-2007 (c’est d’ailleurs suite au scandale que j’ai lu Million et à sa « suite »)
Après vérification, le scandale date de 2005-2006, soit un peu plus vieux que ce que je pensais (http://is.gd/3QTkV). Par contre je n’ai pas réussi à corroborer la date de 2001. En plus de la source principale (le bouquin lui-même, cité plus haut), Wikipedia dit publication avril 2003 : http://is.gd/3QU75 (même si Wikipedia dit souvent n’importe quoi).
Sur la fiche d’Amazon, le plus vieux que j’ai pu trouver date du 31 décembre 2002 (http://is.gd/3QUnx , dans les menus déroulants de Library Bindings & Paperback), mais la date semble tronquée. Avril 2003 semble bien être la date exacte.
Après, ça ne reste qu’un détail sans importance, c’est juste que je suis resté bloqué sur 2001, et que cette date ne correspondait en rien avec toutes les informations & repères temporels que j’avais en tête :)
Quoi qu’il en soit, ça change rien à la qualité des Plumes et au style de leur tenancière !
(Avec de la chance, je serais moins pointilleux dans mes prochains commentaires ;) !)
2 octobre 2009 at 9:41
Ah ah au temps pour moi alors, les articles lus et sur lesquels je comptais pour corroborer mes dates auraient donc affiché des dates fausses également. However, merci pour ces précisions rigoureuses et pour le compliment ;)
11 octobre 2009 at 9:28
dommage que cette realite ne fasse partie du programme de Juin