This entry was posted on Mercredi, septembre 16th, 2009 at 2:00 and is filed under Critiques de Plumes. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. Both comments and pings are currently closed.

Siècle d’enfer – Frédéric Castaing
Frédéric Castaing, auteur reconnu de deux polars chez Série Noire – Gallimard (« J’épouserai plutôt la mort » et « Ca va? Ca va. ») signe pour cette rentrée littéraire son 4ème roman, au Diable Vauvert, en conservant le fil rouge du roman policier et y mêlant un tout petit peu de science-fiction…

« Siècle d’enfer » se présente comme le journal intime de celui qui se fera appeler Vendredi 13 par la suite, incarcéré à 5 ans dans un camp de redressement et qui en ressort à 22 ans. Après 17 ans passé enfermé, il se retrouve dans un Paris en proie aux émeutes urbaines dans lequel sa réinsertion va devoir se faire coûte que coûte.
Vendredi 13, après sa sortie du camp, doit également fuir des individus surgis de son passé et bien décidés à ne pas le laisser en vie maintenant qu’il est hors du camp.
Avec une verve très orale, argotique et surtout agressive, Frédéric Castaing nous plonge ici dans un contexte non imaginaire mais plutôt un monde où les évènements sociaux, politiques et économiques actuels auraient été exacerbés pour transformer radicalement la société et les rapports entre les hommes, sur fond d’émeutes, de pillages, d’incendies et de carnages en plein Paris.
Mêlant en ce sens quelques codes de la science-fiction (un Paris méconnaissable, le succès des jeux vidéos, l’ampleur de leur industrie et de leur généralisation à toutes les couches de la société) et un polar bien construit (la raison de l’enfermement de Vendredi 13 à 5 ans et la présence à ses côtés d’individus y étant pour quelque chose), Frédéric Castaing pond ici un livre haletant, épuisant.
De la délocalisation pour sauver l’économie aux émeutes urbaines, en passant par les gangs et la dépersonnalisation de la société (Vendredi 13 parle de ses semblables selon des attributs physiques et non de personnalité), « Siècle d’enfer » dépeint ici un tableau noir de ce qui pourrait peut-être arriver dans notre société.
Si le fond du livre est construit et cohérent, j’ai par contre été rapidement essouflée par le style.
La sémantique, pauvre, le rythme, violent, les aller/retour entre les prises de parole des personnages pas forcément délimitées, les flash back et autres mélanges des temps d’action, ce qui avait démarré comme une piqure d’adrénaline m’a laissée sur le bord de la route au 2/3 du roman, malgré ma curiosité de savoir le fond de l’histoire.
Finalement, si je ne peux que saluer la performance d’avoir su tenir en haleine la lectrice que je suis sur le fond et notamment sur le fil rouge « polar », je regrette néanmoins ce style qui, à mon sens, dessert un peu la cause et rend difficile la lecture au bout de 200 pages….
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« Siècle d’enfer »
Frédéric Castaing
Paru le 20 août 2009 au Diable Vauvert
2 Commentaires sur “Siècle d’enfer – Frédéric Castaing”
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24 septembre 2009 at 10:55
Expérience similaire!
Un départ pied au plancher, l’histoire fait des détours mais l’écriture invariablement fonce à 100 à l’heure sans jamais regarder à côté (ou derrière pour voir si le lecteur suit toujours)…
Salutations plumesques^
24 septembre 2009 at 6:02
@secondflore: Exact!! A bientôt j’espère ;)