This entry was posted on Lundi, août 31st, 2009 at 1:50 and is filed under Critiques de Plumes. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. Both comments and pings are currently closed.

M comme Mohican – Corinne Royer
Il est des livres dont l’écho résonne avec nos propres vies, ce qu’on a fait, ce qu’on a pensé , ce qu’on a vécu ou parfois ce qu’on a refusé de vivre. C’est le cas de « M comme Mohican » de Corinne Royer, premier roman paru à cette rentrée aux Editions Héloïse d’Ormesson.

Claire, après 20 ans de mariage, 2 enfants et une vie de photographe qui la comblent, va tomber sous le charme diabolique d’un homme de pouvoir, ancien amant pour lequel l’attirance n’a jamais disparu. Diabolique car vénéneuse, vénéneuse car sans espoir et pourtant addictive au possible, cette histoire va l’emmener aux frontières de la folie et la faire jongler avec des sentiments et des situations que quiconque n’ayant jamais vécu la même chose ne pourrait pas comprendre.
La trame de cette histoire, racontée par Claire elle-même, est entrecoupée de réflexions d’une autre femme, Esméralda, dont on ne comprend pas, de prime abord, qui elle est et pourquoi elle doit veiller sur Claire. Esméralda vit dans un autre plan, dans une autre dimension, elle observe, analyse et nous éclaire sur les réactions de sa protégée.
Corinne Royer, dans ce premier roman, nous entraine dans le trio infernal de l’homme, la femme et l’amant. Ce qui pourrait être galvaudé et beaucoup trop vu et lu est ici servi par une justesse des sentiments assez déstabilisante et quelques réflexions sur le fonctionnement de la femme particulièrement justes pour qui s’est déjà remise en question, quoique pas très agréables à voir écrites noir sur blanc.
De plus, l’intervention d’Esméralda et de son monde positionne le tout non comme une histoire vue, revue et rerevue mais plutôt comme une danse à perdre haleine dont on connaît pourtant l’épilogue… Le style dynamique, haché, voire d’ailleurs un peu trop, nous empêche également de reprendre notre souffle. Le traitement de l’histoire aurait peut-être mérité d’être un peu plus posé.
En conclusion, un livre un peu dérangeant, au niveau des sentiments utilisés et également au vu des vérités assenées sur le comportement féminin, mais très prenant, un de ces livres qu’on garde dans nos étagères un peu de manière superstitieuse, comme un avertissement. Un premier roman qui nous fait attendre le second, en somme
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« M comme Mohican », Corinne Royer
Paru le 20 août 2009, aux Editions Héloïse d’Ormesson
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