This entry was posted on Mercredi, juillet 1st, 2009 at 1:56 and is filed under Critiques de Plumes, Plumes invitées. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. Both comments and pings are currently closed.

Pygmy – Chuck Palahniuk
NDLR: Critique écrite à 4 mains et en 2 parties, avec Silphi.

Audrey A.
Dernier OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) de l’auteur de Fight Club et Monstres Invisibles (entre autres), Pygmy en impose.
La couverture déjà. Jaune vif, une police tendance cyrillique, un titre rouge sang et une figurine type soldat de plomb coiffé d’une casquette maoïste et brandissant son propre bras arraché qui tient encore ce qu’on devine être « Le petit livre rouge ».
Le décor est posé avant même d’ouvrir le livre. On devine la référence au totalitarisme, voire au communisme et on peut facilement en conclure que le capitalisme, et donc son représentant le plus emblématique, les Etats-Unis, feront aussi partie du décor.
Bingo.
Pygmy est l’histoire d’un adolescent qui arrive aux Etats-Unis pour 6 mois d’échange et de découverte des Etats-Unis, au sein donc d’une famille d’accueil.
Il s’avèrera ensuite que cet adolescent est un soldat super-entraîné à la solde d’un état totalitaire qui a engagé une opération terroriste d’une ampleur considérable contre les Etats-Unis.
Pygmy, ainsi que le surnomment les membres de sa famille d’accueil, se retrouve donc intégré, ainsi que ses « collègues » soldats, eux aussi envoyés aux Etats-Unis, à la vie de ses hôtes et surtout de la communauté, sans jamais perdre de vue sa mission.
Écrit à la manière d’un rapport militaire et surtout n’utilisant quasiment aucune forme de grammaire ni de conjugaison (on pourrait presque parler d’anglais « petit nègre »), Pygmy est très difficile à lire.
Une concentration accrue est nécessaire pour distinguer les actions, actions qui vous explosent au visage par contre dès que vous les avez déchiffrées. Palahniuk reste fidèle à lui-même et au côté trash et sans détour de ses descriptions et rebondissements.
On aime ou on aime pas mais il faut tout de même avouer qu’il manie les mots et les situations à la perfection et surtout nous propose des personnages complètement névrosés et en même temps, complètement subjuguants.
Mais, même s’il est très réaliste et plein de références sociales, culturelles et politiques, Pygmy se profile comme une jolie fable, malgré le gore de certaines scènes.
C’est la seule chose que je reprocherai à ce livre, de n’avoir pas emmené l’image assez loin, non qu’elle en ait besoin pour être crédible mais elle gagnerait par contre en cohérence.
Parce que là pour le coup, la fin du livre est très « américaine » et c’est moi qui avait presque envie de m’arracher le bras pour aller aider le soldat de la couverture…
Silphi
Voici donc venir le 10° opus de Chuck Palahniuk, et, si les thèmes abordés au cours de ses romans se retrouvent de long en loin, on peut admettre que Pygmy marque une rupture dans la forme. L’histoire est racontée par l’Agent 67, un agent secret hautement entrainé et venant d’un régime militaire et dictatorial au nom inconnu.
L’agent 67 a une mission bien précise : infiltrer, avec d’autres, la société américaine afin de pouvoir déclencher l’opération Havoc (oui ça rappelle pas mal le Project Mayhem de Fight Club), une attaque biologique à grande échelle sur le territoire américain. Pour se faire, l’agent 67 et ses petits camarades citant tout à tour du Hitler ou du Mao se font passer pour de jeunes adolescents, grâce à leur petite taille, et réalisent un échange scolaire avec de bonnes familles américaines du Midwest.
Tout ceci dans un anglais très difficile à suivre de par l’absence totale de grammaire mais qui confère à l’ensemble du récit un petit côté comique. Le roman, comme tout ceux de Palahniuk, critique au travers du récit de cet agent quasiment tous les aspects de la culture américaine : la religion, la vacuité du consumérisme à outrance, la quête éternelle de l’amour et de la possession de son prochain et ainsi de suite.
Par certains aspects, l’aspect drôle du style induit des décalages assez truculents pour certaines scènes d’une rare violence. Comme je l’ai dit dans mon précédent article, il y a toujours dans les premières pages des romans de Chuck Palahniuk une scène bien atroce. Ce roman ne fait pas exception avec une scène de viol avec force détails à la 17° page dans les toilettes d’un supermarché. En dépit de son horreur, la scène parait complètement surréaliste de par la nature même de sa description.
Ceci dit, il apparait un moment où le style vient nuire à l’ensemble tant on a plus tendance à se focaliser là-dessus au final que sur le message délivré. J’ai du relire certains passages à de nombreuses reprises pour être certain de ne pas avoir fait de contre-sens alors même que je parle anglais couramment. Ce qui me rassure, c’est que les échos entendus à NYC confirment que même les américains ont du mal à s’y mettre.
Par contre, si le message délivré perd de sa superbe, Palahniuk est toujours un maître dans l’art de faire monter la tension.
Les différentes étapes du project Havoc se succèdent et s’enchainent parfaitement. Et, ce qui me parait encore plus impressionnant, c’est la façon dont petit à petit on peut se sentir plus proche de Pygmy grâce aux différents flashback revenant sur des points clés de son enfance. De plus, au fur et à mesure où Pygmy s’attache à un des membres de sa famille d’adoption, on sent qu’il se fait « contaminer » par l’offre de cette société américaine et sa foi dans sa patrie et le projet Havoc vascille. Ceci dit, sans vouloir spoiler la fin, je trouve le déroulement de l’action moins jusqu’au-boutiste que dans les précédents romans et plus soft au final.
Au final, je ne trouve pas que ce soit un des meilleurs romans de Palahniuk.
C’est amusant, j’ai passé un bon moment mais j’ai trouvé ça un peu léger en terme de contenu et de thèmes abordés. Le style venant plus cacher une absence d’idées nouvelles et de sujets de fond.
Cette histoire écrite normalement aurait pu être un mix entre Fight Club et Survivant, une histoire sympa mais résolument pas nouvelle.
A la question, est-ce que je conseille ce livre ? Je répondrai oui (mais attendez qu’il sorte en français parce que c’est vraiment douloureux par moment) mais, si vous devez découvrir Palahniuk, ne commencez pas par là. Prenez plutôt Fight Club, Survivant ou Choke et enchainez vers un Monstres Invisibles ou un Pygmy.
8 Commentaires sur “Pygmy – Chuck Palahniuk”
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1 juillet 2009 at 2:08
Silphi –> Répétition de « roman » dans la première phrase et confusion « ces/ses ». Pas cool pas cool.
Sinon les critiques rejoignent mon propre ressenti, il faudrait que je tienne le choc jusqu’à la fin alors que je patine un peu dessus.
1 juillet 2009 at 2:10
@LeReilly: ouh le vilain qui fait des réflexions sur des fautes d’étourderie (corrigées du coup). Mais oui, reprend-le, ça vaut le coup de le finir pour que tu te fasses ton idée.
1 juillet 2009 at 2:13
> le reilly : ok pour la répétition, je laisse faire Audrey pour la correction. Pas d’accord pour le ses/ces. Je parle bien des romans que Palahniuk a écrit et à priori je peux appliquer le possessif dans le cadre d’une oeuvre artistique ^^
Cool/cool.
1 juillet 2009 at 2:16
@ Silphi et Le Reilly: On peut parler du fond maintenant que les broutilles de forme ont bien focalisé le débat? Merki
2 juillet 2009 at 12:05
Il est beau gosse en plus! J’avais déjà entendu son nom sans savoir qu’il était écrivain(je le prenais pour un joueur de volley, aïe). Et bien Audrey, je pense qu’il a fait semblant de te faire signe pour pouvoir te parler, car il t’a trouvé mimi tout simplemnt, c’est un bon plan drague à l’américaine, le quiproquo, à nous les p’tites parissiennes ;)
3 juillet 2009 at 10:11
@Magenta: Hi you :) Pour la rencontre, merci miss, mais ce n’est pas moi qui l’ait rencontré et ait écrit cet article, c’est mon ami Silphi :)
3 juillet 2009 at 5:04
…merde j’y avais pas réfléchis sous cet angle ^^
3 juillet 2009 at 5:21
Ah ah ah!!