Les Plumes d'Audrey

Plumes littéraires et ratures

Rencontre avec… Chuck Palahniuk

NDLR: Cet article fait partie de la catégorie « Plumes invitées ». Il a été rédigé par Silphi et est  donc publié sous son nom.  Merci à lui d’ouvrir le bal de cette catégorie :)

Il faut revenir au début de ce joli mois de mai 2009. Je suis à New-York et le temps décide enfin de se fixer au beau.
Alors que les new-yorkais se jettent sur les terrasses avec leur sens de la mesure habituel, un petit groupe se masse devant les portes du Webster Hall, dans l’East Village, dès 4:00 PM.
Les portes s’ouvrent alors pour la cinquantaine de personnes inscrites en tant que VIP pour le Pygmy Tour.

Le Pygmy Tour, c’est le nom de la tournée promotionnelle donnée par Chuck Palahniuk à l’occasion de la sortie de son dernier roman dans 5 villes aux US.
C’est grâce à son compte twitter que j’ai été alerté (compte tenu par son webmaster pour info) et je me suis aussitôt jeté sur l’occasion et ai fait partie des rares élus à recevoir ma place.
(NB: Les VIP ont le droit de se bâfrer de petits fours et de picoler avec l’auteur avant et après une petite conférence sur l’écriture puis des lectures de passage de son dernier roman.)

Le Pygmy Tour, c’était donc une occasion inespérée de rencontrer cet auteur qui me tient beaucoup à coeur.Chuck_Palahniuk

Pour le situer, Chuck Palahniuk, ce sont des romans comme Fight Club, Survivant, Choke ou encore Monstres Invisibles, Chuck Palahniuk, c’est la critique de la société américaine contemporaine par l’exagération et la distorsion de ses valeurs. Chuck Palahniuk, ça baigne dans la sueur, le sang et des logiques déviantes paroxystiques.

Dire que j’étais très curieux est donc un doux euphémisme.

Nous rentrons dans un ancien théâtre un peu décrépi mais pas dénué de charme.
Autour de moi, il y a des gens déguisés, des gens super excités, des jeunes, des vieux, des profils très différents. Petits fours et boissons au rendez-vous, puis il arrive.
J’entends littéralement les gens autour de moi retenir leur souffle. Il s’installe à un petit pupitre pour se mettre à signer quelques romans et là, l’espace d’une seconde, je rentre dans la légende.
Il me voit au loin, me fait un sourire et fend la foule pour m’assener une tape dans le dos en me disant que ça lui fait super plaisir que je sois là et que ça fait trop longtemps qu’on ne s’est vu.

*bruit du vent*

C’est lorsque je lui réponds que ce devait être dans une vie précédente qu’il réalise son erreur, mais me paye un verre pour la blague.

L’occasion de rencontrer ce gars fut également l’occasion de m’apercevoir, bien qu’il m’ait paru pour beaucoup surjouer la carte de la contestation citoyenne, qu’il était très sympathique.
Il réfléchit et parle très vite et change encore plus rapidement de sujet. En l’espace de 20 minutes en tête à tête avec lui, j’ai eu le temps d’aborder beaucoup de thèmes différents, de la nature de son écriture (chaotique et désordonnée), à sa façon de toujours voir dans les actualités et les faits divers un travers de la nature humaine et de sa société à extrapoler.

A la question sur la nature déviante et paroxystique de ses héros, il répond qu’en fait, ce ne sont que des personnes ordinaires sacrifiées sur l’autel du consumérisme et de l’apparence et qui trouvent, chacune à leur façon, un moyen de fuir le monde dans le quel elles vivent et où elles ne se reconnaissent plus.

S’en est suivi une discussion autour du personnage de Fight Club (ce gougnafier a refusé de me confirmer son nom mais je suis certain que c’est Jack), ou encore de Survivant avant de s’attarder sur la structure de ces livres.
Avec ces passages très marquant dans les 10 premières pages de chacun de ses romans. (J’aurai l’occasion d’en rediscuter si je ne me fais pas virer par Audrey).

Une rencontre fortuite vraiment agréable en un mot.
Bien sûr après le verre, il est reparti vers ses signatures et moi vers ma file d’attente, auréolé d’une gloire toute artificielle mais pas désagréable.

Je ne parlerai pas ici de son dernier roman, Pygmy, vu que ce devrait faire l’objet d’un autre article par ici dans très peu de temps.Pygmypinguin

La suite de la soirée a été aussi agréable avec des lectures d’extraits, et des distributions de cadeaux.
C’est comme ça que j’ai gagné un pingouin gonflable signé par Chuck Palahniuk!

Bilan (à part le pingouin), une dizaine de romans signés ramenés en France pour des cadeaux ou pour ma bibliothèque et de très bons souvenirs.

Comme quoi hein, sur un malentendu, ça peut marcher !

Pour aller plus loin:

Le site de Chuck Palahniuk

NDLR: les photos de ce billet ne sont pas libres de droits et ne peuvent donc pas être utilisées sans l’autorisation de Silphi.

Pour toute question à Silphi ->http://silphi.fr/