This entry was posted on Vendredi, mai 15th, 2009 at 2:14 and is filed under Digressions. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. Both comments and pings are currently closed.

Celle qui griffonnait sur des coins de table
Hier soir, j’ai bu un verre avec Carole Fives et Sabrina Bellahcene et nous avons, comme de par hasard, beaucoup parlé livres, monde de l’édition, auteurs, contrats, diffusion etc…
A la question « Et toi, tu écris? » que m’a posée Carole, j’ai bafouillé un minuscule « un peu… ».
Tout le monde peut écrire au final. Mais peu écrivent bien et encore moins sont reconnus par une publication, même si l’on est d’accord, l’acceptation ou non d’un manuscrit reste très subjective.
Mais quoi?
Peut-on vraiment se poser un jour devant une page blanche (qu’elle soit papier ou électronique) et se dire « Allez c’est décidé, j’écris un roman! »? Je ne pense pas.
Ecrire pour écrire, quel résultat cela peut-il avoir?
Donner jour à un manuscrit au nom d’une contrainte que l’on s’est fixée se ressent toujours dans l’écriture.
Pendant longtemps je me suis posée la question. « Ma grande si tu écris, tu vas écrire sur quoi? ». N’ayant pas trouvé la réponse, je ne voyais pas l’intérêt de me confronter au monstre de la page blanche, juste pour crier à la face du monde » Moi aussi j’écris youhou! ».
Mais comme disait Carole hier soir, un livre , du moins le premier, s’expulse.
Il s’expulse de nous-même, comme un trop-plein accumulé pendant des années pour qui le moment est arrivé d’être mis à la lumière du jour.
Ce moment peut-être déclenché par n’importe quoi, une maturation terminée, un évènement déclencheur, la rencontre ou la rupture avec une personne… A chacun de ressentir ce moment.
C’est pour ça, souvent, que les premiers romans sont vite écrits. Car l’expulsion, quand elle se déclenche, a besoin d’être rapide, intense.
On le vomit ce premier livre, on le régurgite.
Donc non je n’écris pas avec un grand E.
Disons juste que pour la première fois depuis quelques temps, je commence à envisager le fait que j’ai moi-aussi quelque chose à régurgiter.
5 Commentaires sur “Celle qui griffonnait sur des coins de table”
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15 mai 2009 at 2:28
ça me plait cette approche – alka zelzer fourni (pour la regurgitation)
la question : es tu plus forte pour critiquer ou pour construire , that’is the question
15 mai 2009 at 2:29
@QDP: Question of my life, actually ;)
15 mai 2009 at 3:12
Paradoxalement le premier bouquin est celui, dans mon cas en tout cas, qui s’est écrit le moins dans la douleur… Je réécris le second et ça me plombe d’une force ! Le troisième c’est la souffrance du pauvre type qui a besoin de faire des recherches et le quatrième commencé cette semaine c’est le retour de la diarrhée verbale, et mine de rien, ça fait du bien !
15 mai 2009 at 3:52
Quelle que soit ton choix, si tant est que ça en soit un, je te souhaite de te faire plaisir ;)
19 mai 2009 at 12:26
Hé, il n’y a pas de méthode Mam’zelle’ Un premier roman peut aussi être construit, y’a pas de règle. Et puis tu n’es pas obligée d’crire quelque chose qui ait nécessairement la forme d’un roman, il y a pleins d’autres textes à faire, qui s’éloignent peu ou prou de la forme romanesque et je crois que rien n’est pire que de se dire, allez, je dois faire un bon gros roman de 300 pages minimum pour se bloquer. Sens-toi libre d’écrire ce que tu aimerais lire, sans censure, et tu verras après à quoi ça resemble?!
Le sujet, il doit venir naturellement d’après moi, de tes interrogations profondes, même si tu les transformes en intrigue ou que tu les distancies au travers de personnages.
Merde alors, c’est moi qui donne des conseils maintenant, c’est la meilleure ça ;)
Bises!