This entry was posted on Lundi, mars 23rd, 2009 at 9:20 and is filed under Rencontres de Plumes. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. Both comments and pings are currently closed.

Rencontre avec… Marc Molk, auteur de « Pertes humaines »
« Pertes humaines » est un livre un peu spécial.
On s’attend, au titre, à y trouver une liste militaire de « tombés au nom d’une cause » et en le lisant, on s’aperçoit que ce cette première pensée est assez vraie.
Les « Pertes Humaines » de Marc Molk sont autant de fiches que de personnes qui sont entrées dans sa vie, qui ont compté – parfois imperceptiblement- et qui en sont sorti, volontairement ou non.

Les pertes humaines de Marc Molk sont notées selon 3 critères, le coefficient de perte, la part de responsabilité et les chances de renouer, et pourtant on ne saisit jamais aussi bien l’importance qu’a eu chaque personne qu’à travers tous les détails dont le coprs de la fiche est truffé.
Livre de regrets, livre de bilan, on se sait pas trop comment prendre ce qui pourrait très bien aussi être un manuel….
La première fois que j’ai rencontré Marc Molk, nous nous étions retrouvés à rédiger un cadavre exquis en l’honneur de l’anniversaire d’un ami commun.
Cette fois-ci, quand je l’ai retrouvé devant ce café de mon cher 11ème arrondissement, il se levait.
Jean, baskets, lunettes, pas vraiment l’uniforme d’un général qui avait 2 ans auparavant publié la liste des tombés au combat.
Il accepte la présence de mon dictaphone et nous voici partis pour 45 minutes d’une discussion à bâtons rompus.
Marc Molk, que l’on ne s’y trompe pas, est peintre.
Sa biographie dit vraie. Marc peint donc mais écrit aussi depuis toujours et baigne donc dans les livre, accompagnée de sa chère et tendre, Eloïse Lièvre. Sa « tendance à se disperser » est donc nourrie quotidiennement et son passé de khagneux lui permet un jour, après avoir tatonné et gribouillé quelques romans mort-nés, de rédiger « Pertes Humaines ».
Il l’a fait très vite, en 3 semaines tout au plus, « Pertes Humaines » voit le jour pendant ses vacances en Corse.
Depuis cette publication, Marc Molk a également rajouté le costume d’écrivain à celui de peintre, celui-ci restant le costume dans lequel il se retrouve quand même le mieux.
« Pertes Humaines » reste le produit intérieur brut de Marc Molk.
A la fois un peu narcissique et auto-fictionnel, ce livre a toujours été pensé, depuis le début, comme un fichier militaire concis. Des fiches courtes et efficaces.
Mais à la place de soldats tombés sur le champ de bataille, on y retrouve donc des relations / amis / rencontres ponctuelles qui ont toutes joué un rôle dans la vie de Marc Molk et qu’il a perdu. De vue ou perdus tout court.
De vraies personnes dont il a fallu par contre forcément protéger l’anonymat.
Même si, ne nous leurrons pas, tous les gens cités se sont reconnus ou on été reconnus par leur entourage. Mais Marc Molk a quand même mis un soin particulier à grimmer les noms de famille en les coupant à la première syllabe et à les redistribuer à d’autres personnes, tenant tout de même à conserver les vrais prénoms.
La sortie a été explosive.
Réactions violentes, mails virulents, et même menaces de mort, les « Pertes Humaines » grâce auxquelles Marc espérait pouvoir reprendre certains contacts n’a pas eu du tout l’effet escompté.
Dans un premier temps.
Et puis ensuite, digestion faite, les protagonistes se sont rendus compte que s’ils étaient cités, c’est qu’ils avaient énormément compté pour Marc Molk et que l’écrit lui avait permis de leur dire des choses qu’il n’avait jamais pu leur dire / expliquer à l’époque où ces relations s’étaient finies.
33 fiches donc au final.
Classées à la base par ordre chronologique mais Marc Molk s’est attaché à faire des aller-retours entre l’enfance et l’âge adulte. Volonté de perdre le lecteur ou non, l’ensemble fonctionne bien, même si certaines fiches détonnent un peu à cause de leur protagonistes, actrices ou clochards, en dehors de toute « vraie relation » avec l’auteur.
Sinon l’actu de Marc Molk, c’est quoi?
Il vient de publier un livre encore assez original puisqu’il s’agit d’une « Collection irraisonnée de préfaces à des livres fétiches ».
Une quarantaine d’écrivains contemporains, sous la direction de Thomas B. Reverdy et Martin Page, ont donc chacun rédigé une préface à un auteur / un livre qu’ils affectionnent particulièrement, la seule contrainte étant que cet auteur/ce livre soit plutôt « confidentiel ». Celle de Marc Molk concerne Gaston Couté, poète et chansonnier du début du 20ème siècle.
Il se dit aussi que Marc Molk aurait également un second manuscrit en propre qui se baladerait dans les basfonds des maisons d’éditions…
A suivre donc!
Marc Molk:
Son site: www.molk.fr
« Pertes humaines »: Publié le 15/8/2006 chez Arléa
« Collection irraisonnée de préfaces à des livres fétiches »: Publié le 17/3/2009 chez Intervalles
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