
Zones Humides – Charlotte Roche
Le voilà le fameux livre dont je vous rebat les oreilles depuis quelques jours, surtout grâce aux aventures dans le métro auxquelles ils m’a confrontée…
« Zones Humides », ou « Feuchtgebiete« dans sa version originale, est le premier roman de Charlotte Roche, présentatrice télé allemande d’une trentaine d’années. Ce roman, fort de son million d’exemplaires vendus dans le monde, est sorti en France le 6 Mars, arrivant ainsi avec une réputation et un buzz démentiel…

Helen Memel a 18 ans et se retrouve à l’hôpital à cause d’une fissure anale qu’elle s’est faite toute seule comme une grande lors d’un rasage un peu trop violent. Recroquevillée puis allongée sur son lit d’hôpital, elle revient, en pensée ou dans ses discussions avec ses infirmiers, sur ses aventures et prouesses sexuelles.
Rien n’est épargné au lecteur, de ses hémorroïdes à ses sécrétions vaginales, de ses godes naturels faits avec des noyaux d’avocat, de sa technique de la « culotte coupée », de sa rencontre avec un homme qui passe une heure tous les samedis à la raser des pieds à la tête…
C’est surtout l’histoire un peu triste d’une adolescente dont le fil conducteur de son hospitalisation sera de tenter de remettre ses parents – divorcés – ensemble.
Mais ce qui ressort surtout de ce livre, et c’est ce qui en a fait le buzz, c’est la dénonciation tacite de l’hygiène, dénonciation récupérée par les féministes en Allemange pour mettre en avant l’avilissement (par la société, forcément machiste) de la femme dans son rapport à son corps et à ses fluides.
Concrètement, « Zones Humides » a le très gros défaut d’être beaucoup plus clinique qu’érotique et beaucoup plus dégoûtant qu’excitant. Ce qui parfois peut faire un mélange heureux ne fonctionne pas du tout ici et je ne suis pourtant pas une vierge effarouchée.
Alors oui effectivement, il y a bien 2 ou 3 scènes dont l’évocation chatouille un peu mais rien qui ne justifie que l’on ait taxé ce texte de pornographique et encore moins de trash. Car si le mot trash a normalement une connotation positive pour moi, ici c’est l’accumulation de détails et d’adjectifs qui m’a donné la nausée, plus que l’image sensée être décrite.
Oui, j’ai été décue par « Zones Humides ».
Je reste persuadée que le pouvoir érotique des mots a encore de beaux jours devant lui et que la littérature est un média encore capable de pousser des portes dans ce domaine. Et feuilleter 220 pages de détails scabreux n’a absolument rien à voir avec de la littérature, et encore moins de la littérature érotique ou même pornographique, même si les-dits détails concernent la zone en-dessous de la ceinture.
Disons pour finir que si le buzz en train de monter en France autour du livre de Charlotte Roche s’avère être inversement proportionnel à la qualité littéraire de celui-ci, alors oui nous tenons le buzz de l’année.
Mais pas plus.
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