
Celle qui te faisait patienter
En attendant l’article de ma rencontre avec Tania De Montaigne….

Oui je me marrais, on a passé la soirée à rire, elle est très drôle Tania.
Article soon :)
Rencontre avec… Marc Molk, auteur de « Pertes humaines »
« Pertes humaines » est un livre un peu spécial.
On s’attend, au titre, à y trouver une liste militaire de « tombés au nom d’une cause » et en le lisant, on s’aperçoit que ce cette première pensée est assez vraie.
Les « Pertes Humaines » de Marc Molk sont autant de fiches que de personnes qui sont entrées dans sa vie, qui ont compté – parfois imperceptiblement- et qui en sont sorti, volontairement ou non.

Les pertes humaines de Marc Molk sont notées selon 3 critères, le coefficient de perte, la part de responsabilité et les chances de renouer, et pourtant on ne saisit jamais aussi bien l’importance qu’a eu chaque personne qu’à travers tous les détails dont le coprs de la fiche est truffé.
Livre de regrets, livre de bilan, on se sait pas trop comment prendre ce qui pourrait très bien aussi être un manuel….
La première fois que j’ai rencontré Marc Molk, nous nous étions retrouvés à rédiger un cadavre exquis en l’honneur de l’anniversaire d’un ami commun.
Zones Humides – Charlotte Roche
Le voilà le fameux livre dont je vous rebat les oreilles depuis quelques jours, surtout grâce aux aventures dans le métro auxquelles ils m’a confrontée…
« Zones Humides », ou « Feuchtgebiete« dans sa version originale, est le premier roman de Charlotte Roche, présentatrice télé allemande d’une trentaine d’années. Ce roman, fort de son million d’exemplaires vendus dans le monde, est sorti en France le 6 Mars, arrivant ainsi avec une réputation et un buzz démentiel…

Helen Memel a 18 ans et se retrouve à l’hôpital à cause d’une fissure anale qu’elle s’est faite toute seule comme une grande lors d’un rasage un peu trop violent. Recroquevillée puis allongée sur son lit d’hôpital, elle revient, en pensée ou dans ses discussions avec ses infirmiers, sur ses aventures et prouesses sexuelles.
Rien n’est épargné au lecteur, de ses hémorroïdes à ses sécrétions vaginales, de ses godes naturels faits avec des noyaux d’avocat, de sa technique de la « culotte coupée », de sa rencontre avec un homme qui passe une heure tous les samedis à la raser des pieds à la tête…
C’est surtout l’histoire un peu triste d’une adolescente dont le fil conducteur de son hospitalisation sera de tenter de remettre ses parents – divorcés – ensemble.
Mais ce qui ressort surtout de ce livre, et c’est ce qui en a fait le buzz, c’est la dénonciation tacite de l’hygiène, dénonciation récupérée par les féministes en Allemange pour mettre en avant l’avilissement (par la société, forcément machiste) de la femme dans son rapport à son corps et à ses fluides.
Concrètement, « Zones Humides » a le très gros défaut d’être beaucoup plus clinique qu’érotique et beaucoup plus dégoûtant qu’excitant. Ce qui parfois peut faire un mélange heureux ne fonctionne pas du tout ici et je ne suis pourtant pas une vierge effarouchée.
Alors oui effectivement, il y a bien 2 ou 3 scènes dont l’évocation chatouille un peu mais rien qui ne justifie que l’on ait taxé ce texte de pornographique et encore moins de trash. Car si le mot trash a normalement une connotation positive pour moi, ici c’est l’accumulation de détails et d’adjectifs qui m’a donné la nausée, plus que l’image sensée être décrite.
Oui, j’ai été décue par « Zones Humides ».
Je reste persuadée que le pouvoir érotique des mots a encore de beaux jours devant lui et que la littérature est un média encore capable de pousser des portes dans ce domaine. Et feuilleter 220 pages de détails scabreux n’a absolument rien à voir avec de la littérature, et encore moins de la littérature érotique ou même pornographique, même si les-dits détails concernent la zone en-dessous de la ceinture.
Disons pour finir que si le buzz en train de monter en France autour du livre de Charlotte Roche s’avère être inversement proportionnel à la qualité littéraire de celui-ci, alors oui nous tenons le buzz de l’année.
Mais pas plus.
Le Tutu – Princesse Sapho
En voilà un livre étrange.
Le sous-titre annonce la couleur en tout cas « Le roman le plus mystérieux du 19ème siècle »

« Le Tutu » est étrange donc. Déja par son histoire.
Imprimé en 1891 par Léon Genonceaux (alors éditeur de Rimbaud et de Lautréamont), « Le Tutu » n’a été rendu public qu’en 1991, attisant la curiosité de chacun. Car, encore plus étrange, on se sait pas qui a vraiment écrit ce livre.
Princesse Sapho est certes un pseudonyme mais la véritable identité de l’auteur n’a jamais été révélée.
Le style, le vocabulaire et les codes de pensées font penser à Jarry, Queneau, tous ces auteurs aux personnages extravagants. En ce sens, « Le Tutu » a donc souvent été associé au Surréalisme.
Il est difficile d’essayer de décrire « le Tutu » qui est en fait un enchaînement de scènes parfois absurdes, souvent lubriques, quelquefois répugnantes mais toujours excentriques et cocasses.
Mauri de Noirof est un jeune rentier qui dilapide la fortune familiale dans un Paris qui a l’air de se cantonner au 6ème arrondissement.
Mais Mauri de Noirof est également le mari d’une obèse alcoolique et adultère, l’amant d’une bête de foire possédant 2 têtes qu’il mettra enceinte, le fils d’une femme avec qui il entretient une relation platoniquement incestueuse et qui mange de la cervelle de cadavre, le cobaye d’un médecin qui a fait des découvertes révolutionnaires sur la production de lait maternel et j’en passe…
Un roman, que dis-je, un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié).
Agréable à lire, surprenant, « Le Tutu » m’a donné envie de me replonger dans les figures de style d »"Ubu Roi » ou « Zazie dans le métro »…
Par contre, terre-à-terres et rigides s’abstenir!
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