
Le soldat et le gramophone – Sasa Stanisic
Quittons la Russie un petit peu.
La rentrée littéraire a ceci d’intéressant, qu’en dehors des gros blockbusters et autres platitudes attendues (et néanmoins vendues), c’est quand même l’occasion de découvrir de petites perles parmi les premiers romans.
Car si je reste persuadée qu’un style s’affirme au fur et à mesure des publications, rien ne vaudra jamais la fraîcheur et la maladresse d’un premier roman et l’extrapolation que l’on peut en faire pour la suite de la carrière de l’auteur.
C’est en tournant et retournant autour des tables de ma librairie, tables croulant sous des titres et des couleurs à n’en plus finir (sans que rien n’ai réussi à accrocher mon regard et donc mon intérêt), que j’ai stoppé net devant un nom singulier, un titre qui l’était encore plus, le tout rehaussé d’une couverture rose.

Sasa Stanisic nous raconte ici l’enfance puis l’adolescence d’Aleksandar, né dans ce qui était encore à l’époque la Yougoslavie, d’un père serbe et d’une mère bosniaque.
Sur fond d’histoires enfantines et d’aventures loufoques et rocambolesques, c’est tout le conflit qui a embrasé cette partie du monde en 1991 que l’auteur nous remémore.
La guerre, la perte d’êtres chers, la cohabitation avec les soldats puis l’exil en Allemagne où Aleksandar deviendra plus nostalgique, écrivant des pages et des pages à des personnes perdues de vue.
De Visegrad, sa ville natale, Aleksandar nous dépeint des paysages fantastiques, un fleuve vivant, des personnages hauts en couleur. De son exil, il nous liste ce qui lui manque de cette vie d’avant, de son enfance inachevée.
C’est un roman très riche, au niveau du fond comme de la forme. J’y retrouve un peu ma littérature typique de l’Est.
Sasa Stanisic joue avec le temps, avec les flash backs, avec les mots et le vocabulaire, avec les sphères du réel et de l’imaginaire.
C’est un roman dont la moindre page donne envie de découvrir la suivant tant le sujet est fluide.
C’est un roman qui revient également sur un épisode géopolitique que la native de 1982 que je suis n’a pas pu suivre ni en comprendre les tenants et les aboutissants à l’époque.
Un beau premier roman donc. De ceux qui me conforte dans l’idée que la qualité n’attend pas le nombre des publications.
Le fait du prince – Amélie Nothomb
Je me fait avoir chaque année.
Comme miss Dahlia s’est faite avoir par les dorures de la rentrée littéraire, je me fait avoir par le Nothomb nouveau, tous les ans j’y espère un nouveau « Métaphysique des tubes » et tous les ans je suis décue.

Je n’en peux plus de ces livres plats, que je termine en 30 minutes, c’est à la fois frustrant et énervant.
Il m’est déjà arrivé (même si rarement) de finir des livres en un si court laps de temps mais c’était car j’étais captivée par ce que je lisais.
Là, c’est juste car il n’y a pas matière, ni nombre de pages à.
Un vol d’identité, une piscine remplie de champagne givré coûtant des millions, le Cercle Polaire et un fonds d’art contemporain? Pourquoi pas, je ne suis pas bégueule sur la matière première d’un roman.
Par contre, un peu plus sur la platitude et le non-intérêt du rendu.
J’ai lu quelque part qu’Amélie Nothomb écrivait quantité de nouveaux livres par an mais n’en choisissait qu’un à proposer à son éditeur.
J’ai envie de lui conseiller d’essayer la quantité, puisque la qualité ne marche plus.
Quid de publier un recueil l’an prochain Amélie?
Ou alors rend moi la Amélie de « Stupeur et tremblements » ou des « Catilinaires »…
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