This entry was posted on Vendredi, février 15th, 2008 at 10:04 and is filed under Critiques de Plumes. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. Both comments and pings are currently closed.

Le Maître et Marguerite – Mikhail Boulgakov
J’ai déjà évoqué, il y a quelques temps, mon amour de la littérature russe.
Même si je ne saurais pas définir exactement ce qui me plaît en elle, cela pourrait s’apparenter au mélange parfaitement dosé entre technique parfaite et richesse impressionnante de vocabulaire.
Il y a quelques temps, j’ai donc reçu par la Poste un chef d’oeuvre du genre à côté duquel j’étais pourtant passée.

« Le Maître et Marguerite » est le livre d’une vie.
Celle de Mikhail Boulgakov, écrivain dont les pièces et les écrits en général ont été, année après année, refusés par la censure féroce appliquée en URSS à l’art en général et à la littérature en particulier dans les années 1930.
Boulgakov, malade, réprimé, désespéré, entame la première ébauche du « Maître et Marguerite » en 1929 et en brûle la majeure partie en 1930, projetant ainsi le destin de Gogol (qui brûla lui-aussi certaines de ses oeuvres) sur le sien. Il en reprendra la rédaction en 1932 pour l’achever en 1940.
Je suis d’ailleurs persuadée que la richesse d’un tel roman est intrinsèquement liée à la propre richesse en émotions de l’existence de l’auteur.
Attention par contre, ce n’est pas un livre par lequel commencer sa découverte de la littérature russe. Sa construction diabolique nécessite qu’on se soit auparavant familiarisé avec la richesse parfois « lourde » de cette littérature car elle atteint ici son paroxysme.
Si « Le Maître et Marguerite » a souvent été présenté de façon réductrice comme un « énième livre sur le diable », il n’en est rien.
Ce roman est certes un roman fantastque qui met en scène le diable mais aussi un écrivain suicidaire, un chat géant, Jesus et Ponce Pilate et dans lequel on trouve pêle-mêle des meurtres, des crucifixions, une description merveilleuse de l’enfer, un tramway, des billets de 10 roubles qui disparaissent, un appartement damné rue Sadovaïa et un poète dans un asile psychiatrique.
Mais « Le Maître et Marguerite » est surtout une magnifique histoire d’amour, de celles qui sont écrites.
On peut certes être rebuté par la richesse des descriptions, l’accumulation de détails ou encore les mouvements de flash-back dont Boulgakov nous abreuve mais au final, « Le Maître et Marguerite » est le roman qui arriverait à me faire définir exactement pourquoi j’aime autant les univers de la littérature russe.
Satire acerbe de la société moscovite des 30′s et panorama splendide de la scène artistique de cette période, je comprend aujourd’hui pourquoi ce roman est cité comme étant un livre culte… A dévorer donc!
3 Commentaires sur “Le Maître et Marguerite – Mikhail Boulgakov”
Contact
Catégories
Le salon
Derniers articles
Commentaires récents
- zarline dans La SF selon Clément #8: L’échelle de Darwin – Greg Bear
- Mèyonsi dans De la beauté – Zadie Smith
- ts dans De la beauté – Zadie Smith
- ts dans De la beauté – Zadie Smith
- Méyonsi dans De la beauté – Zadie Smith
Je suis là aussi

15 février 2008 at 9:51
Hmm, la chaude folie slave. Je suis plus classique, XIXe : Pouchkine, Tolstoi, Dostoïevski, mais c’est une nation littéraire monumentale.
16 février 2008 at 6:49
@Booh: :) J’ai attaqué la litté russe par Dostoievski et Tolstoï et là j’en découvre d’autres, après Gogol et Boulgakov, je suis preneuse des autres bons plans :)
21 février 2008 at 1:45
La vie d’Arseniov, de Bounine. Mélange de philosophie, d’appréhensions d’un expatrié sur le devenir de sa terre natale (il vivait en exil en France), et de souvenirs poétiques de la Russie de son enfance.
Le village, du même auteur, aussi, pour une vision très sombre de la Russie pré-révolutionnaire. C’est la vie d’un petit village russe, très fermé, empli de bassesse et de vilainie, et il ne s’y passe rien. L’écriture est superbe, ça se lit presque comme un poème (presque, parce que si mes souvenirs sont bons c’est assez long, quand-même).
Par contre ça fait partie des raretés que j’ai piquées à ma grand-mère (professeur de lettres), donc je ne sais pas si ça se trouve facilement. Je sais qu’il n’y a pas de librairies russes à Toulouse, mais à Paris ça doit exister.
Et puis il y a les nouvelles de Tchekhov, monstre d’humour particulièrement acerbe. Je les ai dans un recueil de la pochothèque, donc ça doit être relativement simple à trouver.