Encore un roman d’Emmanuel Carrère que je n’avais pas encore lu (rassurez-vous, il n’en reste plus beaucoup, 1 ou 2 je crois), et si je l’ai dévoré à la même vitesse que les autres, celui-ci m’a laissé un goût amer dans la bouche.
Nicolas a une petite dizaine d’années. C’est un enfant chétif, le plus petit de sa classe, mais également renfrogné, timide, solitaire et plein de ces terreurs enfantines que l’on a tous plus ou moins connu. La classe de neige de 2 semaines qui s’annonce le terrifie et si, au début du roman, on peut penser qu’il ne s’agit là que de la terreur compréhensible d’un enfant un peu trop couvé et séparé de ses parents, on s’aperçoit bien vite qu’une ombre pèse sur la classe de neige.
Les 2 semaines ne vont pas se passer comme espéré et personne ne ressortira de cette escapade indemne.
Je sais que je radote, quand je vous dit que la plume d’Emmanuel Carrère est une de celles qui me touchent le plus de ces dernières années, mais « La classe de neige » est un des romans pour lequel cette affirmation est la plus vraie: toute l’ambiance du roman est lourde, pesante, collante, on sent que quelque chose d’atroce va avoir lieu et que c’est inévitable et pourtant les mots que l’on lit racontent l’histoire d’un petit garçon en classe de neige.
Tout le talent de l’auteur est ici de sous-entendre, de distiller l’angoisse, d’évoquer les évènements sans jamais en parler frontalement.
Même si l’on sent, dans la 2ème partie du roman, l’intrigue se dénouer lentement, le twist final est inattendu et montre le roman sous un autre angle.
Comme ces films dont la fin remet en cause toute l’histoire et son déroulé, « La classe de neige » ne se relit pas de la même façon quand on a lu la fin.
En le refermant, il m’a fait un effet que peu de romans m’ont fait, il m’a laissé une impression de désespoir, un goût amer comme je le disais en introduction. J’y ai pensé longtemps et ai mis quelques heures à me défaire du côté poisseux de l’histoire.
Ne vous méprenez pas, j’aime les romans qui « restent » après leur lecture. C’est un gage de qualité pour moi, une preuve que je m’en souviendrai et qu’ils m’ont touchée d’une façon plus particulière que les autres.
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La Classe de neige – Prix Femina 1995 , Emmanuel Carrère
Paru le 3 Mai 1995 chez P.O.L. (et le 3 janvier 1997 en poche chez Gallimard)



